Karim Slaoui : Quand la musique andalouse épouse les mélodies classiques

Karim Slaoui : Quand la musique andalouse épouse les mélodies classiques

ALM : Vous arrangez la musique andalouse aux mélodies classiques. Qu’est-ce qui a motivé l’idée ?

Karim Slaoui : Je l’ai fait pour que la musique andalouse sorte des frontières nationales et ait une renommée internationale. Ce qui fait la particularité d’un tel arrangement, c’est que j’ai veillé à préserver le caractère original de la musique andalouse en la mêlant à la classique qui est à la fois scientifique et émotionnelle.

Comment envisagez-vous de concrétiser ce concept ?

A vrai dire, la production de cette musique andalouse arrangée en classique coûte cher en termes de musiciens. L’idéal serait qu’un groupe d’interprètes de musique andalouse se déplace à l’étranger pour se produire aux côtés d’orchestres de musique classique. Un soutien s’avère nécessaire dans ce sens.

Comment vous présenterez-vous ?

J’ai reçu une formation en architecture d’intérieur et design d’ameublement conformément à la vision de mes parents qui ne voyaient pas d’avenir en musique. Pourtant, ils écoutaient beaucoup Abdelhalim Hafez et Farid El Atrach. C’est ainsi que j’ai eu le déclic. En même temps, j’avais un accordéon que je manipulais dès mon bas âge. En tout cas, j’ai eu mon diplôme à l’école Boulle à Paris et en même temps je gagnais ma vie pendant les sept ans que j’ai passés là-bas, en jouant de la musique que j’ai apprise sur le tas, et en travaillant dans des studios. Quand je suis rentré au Maroc, un ami, qui a fait des études d’ingénierie du son au Canada, avait monté un studio ici. Il m’a proposé de bosser avec lui. Ainsi, j’ai commencé à travailler sur les musiques de films et de publicité, et que tout ce qui a trait au son. En fin de compte, je me suis trouvé dans ce métier agréable que j’aime bien.

Et la musique classique dans tout cela?

J’écoutais beaucoup les chefs d’orchestre, Franck Pourcel et Paul Mauriat, qui avaient émergé dans les années 70-80. C’est vrai qu’ils ne sont  pas très connus mais leur musique n’a pas de frontières. Ils ont eu du succès en Asie. Pour ma part, j’ai été sensible à cette grande musique. Cela ne m’a pas empêché d’aimer les artistes de mon pays. D’ailleurs, j’imaginais la musique marocaine avec la même grandeur de celle classique.

Il est supposé que vous joueriez un instrument pour les fins de vos productions …

Je joue du clavier essentiellement. Quand  même, je joue plusieurs instruments comme la guitare et la basse. Auparavant, je faisais appel à des musiciens pour travailler avec moi dans des productions. Ils sont aussi devenus des arrangeurs comme moi. Alors, je me suis dit pourquoi ne pas faire le même métier qu’eux. Et dans le studio, l’ordinateur offre plusieurs avantages.

Vous réalisez également des clips. Est-ce une tâche aisée d’allier le tournage de ceux-ci à l’ingénierie du son ?

Absolument pas ! Mais quand on aime ce que l’on fait, une énergie nous motive à entreprendre plusieurs tâches à la fois !

Comment vous êtes-vous lancé dans la réalisation de clips ?

Je l’ai apprise de mon propre chef comme je l’avais fait avec la musique. Depuis dix ans à peu près, j’ai petit à petit éprouvé de l’intérêt à la réalisation de vidéo clips. Pendant ces années, j’ai techniquement compris la manière dont marche le  montage vidéo, le cadrage et la lumière. Au début, j’ai pris cela comme un divertissement. Pour l’heure, j’arrive à réaliser des petits clips. Outre l’ingénierie du son et la réalisation de clips, je fais la musique de films. Entre autres, j’ai conçu celle du Moussem Lemchaoucha et Ahlam Nassim, ainsi que des génériques pour les radios et la télévision.

Alors comment se fait-il que le public ne vous connaisse pas assez ?

On me le reproche souvent ! Quand même je suis connu dans le milieu artistique. Je ne vous cache pas qu’à un moment donné, j’ai eu l’impression que c’est le travail que je réalise qui allait contribuer à ma médiatisation que je n’ai pas cherché à faire. Au fil du temps, je me suis rendu compte que c’était une erreur et qu’il fallait fournir un effort dans ce sens.

Existerait-il par hasard un lien de parenté avec la famille Slaoui connue pour «Hdi rassek la yfouzou bik elkouman ya flane» ?
Aucun !   
 

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