Karima Skalli : «Je suis vraiment moi-même sur scène»

Karima Skalli : «Je suis vraiment moi-même sur scène»


ALM : Vous donnerez un concert, le 17 octobre, avec l’Orchestre Universel Mesto sous la présidence du Dr Nabil Azzam. Que représente pour vous cette participation?
Karima Skalli : Je dois rappeler que j’ai déjà donné un concert à l’Université de Californie à Los Angeles avec ce grand orchestre sous la direction du Dr Nabil Azzam le 21 février dernier. Cela m’a permis d’être sollicitée pour deux autres concerts. Le premier aura lieu le 17 octobre au musée arabo-américain à Michigan. Quant au deuxième, il aura lieu le 25 octobre au conservatoire de Los Angeles avec le même orchestre. Ces deux concerts seront, à leur tour, sous la direction du Dr Azzam. Mais cette fois-ci, ils seront marqués par deux répertoires différents. Concernant les musiciens, ils sont tous américains et issus d’une culture occidentale. Et vraiment les écouter et les voir dans une symbiose avec le chant arabe et les gammes de la musique arabe procure un bonheur. En plus, ce qui a attiré mon attention, c’est l’intérêt que ces musiciens portent à l’apprentissage de la musique arabe dans les grandes universités. D’ailleurs, j’ai assisté à un cours et j’étais ébahie devant ces jeunes qui apprennent Assamai wa Maqam Assika.

Vous avez, tout au long de votre carrière, participé à plusieurs manifestations. Comment appréhendez-vous à chaque fois le fait de monter sur scène. Est-ce que cela vous procure-t-il actuellement les mêmes sensations qu’à vos débuts ?
Vous savez, il y a toujours cette belle découverte du public. Sauf que la première fois je n’avais aucune idée. D’ailleurs, je me souviens encore du 6 novembre 1999 à l’Opéra du Caire. J’oscillais entre le trac et l’ignorance de la scène. C’était une grande épreuve pour moi. Mais, cela fait toujours plaisir de vivre ces émotions fortes avant chaque concert et de ressentir le bonheur de partager quelques moments avec le public en direct.

Pourquoi votre choix s’est-il porté sur la musique soufie ?
Nos traditions au Maroc m’ont permis d’abord d’avoir cette culture dans le sang. Puis lors de ma première participation au Festival des musiques sacrées de Fès en 2000, j’ai inauguré cette manifestation en travaillant sur le thème de Leila. Ainsi, j’ai interprété l’amour divin chez les grands maîtres soufis avec des spécialistes comme le Dr Jaafar Kanssoussi et avec la musique de Saïd Chraibi. Et depuis, j’ai eu de belles expériences au Maroc, voire en dehors du Maroc comme la Finlande, la Jordanie… de même, j’ai participé une autre fois à Fès en 2006. Et à chaque fois que je peux, j’aime chanter a cappella dans mes concerts.

Appréciez-vous le fait qu’on vous appelle Asmahane ?
Je suis ravie qu’on compare mes surfaces vocales avec celle d’Asmahane. Mais, cela me gêne beaucoup qu’on m’appelle ainsi avec tout le respect que j’ai pour cette grande diva. Cependant, quand je me présente au public, je le fais avec mon nom et ma voix.

Comment évaluez-vous la scène musicale marocaine et arabe actuellement ?
Je ne peux vous dire car que je le veuille ou pas je suis bien dedans. Et j’aimerai vraiment qu’il y ait des gens de la critique qui peuvent mettre un peu d’ordre au niveau organisationnel.

Parallèlement au chant et à la musique, quelles sont les activités que vous exercez ?
J’aime faire beaucoup de choses, d’abord m’occuper de chez moi et de ma famille, faire du Yoga et un peu de sport. J’aime aussi lire et malgré toutes les situations je dois avoir un livre qui me tient compagnie. J’aime me balader dans les anciennes médinas des villes sacrées. En outre, j’aime la peinture et j’en faisais, mais le temps ne me le permet plus.

Vous ne dévoilez pas votre vie privée au public marocain. Pourquoi ce choix ?
Pour moi, je chante et je suis vraiment moi-même sur scène et je me dévoile. Mais si je dois parler de ma famille, je n’aime pas toucher d’autres libertés que je respecte, c’est-à-dire celle de mes enfants et celle de mon mari.

Quels sont vos projets ?
Je suis en plein travail avec le musicien Marcel Khalifa sur plusieurs projets et un duo avec la poésie de Mahmoud Darwich. On a déjà donné un avant-goût au festival d’Assilah. Mais, il n’a pas été diffusé par la télévision marocaine et un album de plusieurs produits de sa composition et de sa distribution musicale avec une grande orchestration. Je dois aussi me mettre les idées en tête pour finir un excellent travail avec les compositeurs marocains Mohamed Ziat et Nouaman Lahlou. De surcroît, je me prépare pour voyager aux USA pour mes deux concerts. Comme, je partirai, le 7 octobre, à Vienne où je donnerai un récital à l’occasion du 20ème anniversaire de la Chambre de commerce arabe à Vienne.

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