Khaled Nabawy : «Je n’hésiterais pas à accepter un rôle dans un film marocain»

Khaled Nabawy : «Je n’hésiterais pas à accepter un rôle dans un film marocain»

ALM : Durant le dernier festival de Marrakech, avez-vous eu l’occasion de voir des films marocains ? Qu’en pensez-vous ?
Khalid Nabawy : Malheureusement, lors du festival, je n’ai pas eu l’occasion de voir des films marocains. J’ai beaucoup apprécié le film « En attendant Pasolini », j’ai beaucoup aimé l’idée du film et la réalisation. Surtout que j’ai eu l’occasion de vivre la réalité de la vie à Ouarzazate lorsque j’étais en tournage là-bas pour le film «The Kingdom Of Heaven» de Ridley Scott, en 2004. J’ai vu à quel point le cinéma est important pour ces gens simples d’Ouarzazate. J’ai vu à quel point leur bonheur était grand sachant qu’un film arrivait. Pour ces simples gens, cela constitue un revenu, un nouveau vêtement, un nouveau tablier pour les enfants, peut etre aussi un verre de lait en plus. C’est dire à quel point le cinéma constitue l’axe principal autour duquel gravite leur vie. Lorsque j’ai constaté cela, je peux vous dire que j’ai aimé encore plus le cinéma. Ce sont en fait les raisons pour lesquelles j’ai apprécié « En attendant Pasolini». Pour ce qui est des films marocains durant ce festival, je n’ai pas beaucoup eu l’occasion d’en voir, car du fait que les artistes marocains m’invitent à un tel événement, je préfère en profiter pour les rencontrer plutôt que de voir les films. Puisque de toutes les façons, les films, je pourrais les voir en DVD. Il est plus important à mes yeux de rencontrer les gens, qu’on vienne à moi par exemple, comme l’a fait votre deuxième chaîne de télévision en me demandant de prendre la parole pour un Téléthon.

À comparer les deux sociétés, marocaine et égyptienne, pensez-vous qu’il y ait des similitudes entre les deux ?
En faisant la comparaison, nous trouverons sûrement des points de convergence tout comme nous trouverons des points de divergence. Mais il est sûr que je trouve des aspects similaires entre nos deux sociétés. Il m’est arrivé, en prenant un taxi au Maroc, d’y écouter Oum Kalthoum , et du coup je me retrouve comme projeté au Caire, cela va sans dire que les goûts sur beaucoup de choses sont identiques.
Aussi, lorsque je constate que le peuple marocain est un féru du cinéma, il s’agit d’un autre point commun avec le peuple égyptien. Il y a aussi certains maux dont souffrent nos deux sociétés en commun, entre autres, la pauvreté, les inégalités sociales qui se creusent encore davantage chaque jour.

Qu’appréciez -vous chez la société marocaine ?
J’aime beaucoup les Marocains. Et je tiens à dire que je respecte énormément tout peuple qui fut colonisé et qui a su parler la langue de son colonisateur. Vous les Marocains, vous parlez votre langue, l’arabe classique, le français, l’anglais, et l’espagnol. Ceci est vraiment magnifique et très respectable. À la différence de nous autres égyptiens, les Anglais nous ont colonisés 70 ans, et nous ne maîtrisons toujours pas leur langue. En fin de compte, ce sont eux qui ont appris la nôtre.

Il y a une idée préconçue selon laquelle les Marocains en savent plus sur l’Égypte que les Egyptiens sur le Maroc, grâce au cinéma égyptien. Qu’en dites-vous ?
C’est vrai que vous en savez sur nous davantage que nous n’en savons sur vous. De la même manière que, par le biais du cinéma américain, nous sommes plus informés sur la société américaine et son fonctionnement. Cela est désolant pour les Égyptiens de ne pas se pencher sur les autres sociétés. Pour ce qui est des Marocains, soyons francs, cela reste leur problème. Car, en fait, c’est au Maroc de chercher le moyen d’atteindre d’autres sociétés par le biais de ses canaux d’information, et ne pas en vouloir aux autres de ne pas connaître sa culture. Si un pays arrive à faire connaître sa société et sa culture ailleurs, c’est juste qu’il est plus habile dans la stratégie qu’il a adoptée pour aller au-delà de ses frontières.

Le film intitulé «L’immeuble de Yacoubian» a été à l’origine d’une grande polémique, car il a traité de la question de l’homosexualité. Qu’en pensez-vous ?
Ce qui est étonnant, c’est que la question de l’homosexualité a déjà été abordée dans d’autres films égyptiens. A citer par exemple, le film «Hammam al Malatili» de Salah Abu Seif. À mon avis, le film est plus grand que la question de l’homosexualité elle-même. «L’immeuble de Yacoubian» traite d’autres sujets non moins importants comme la corruption, et d’autres problématiques politiques, et il porte en lui beaucoup de sens.

Peut-on s’attendre à voir Khaled Nabawy dans un film marocain ?
Ce ne serait pas de refus. Si je suis invité à faire un film marocain, j’en serais ravi, et je le ferais sans aucun doute.
Je me suis bien déplacé pour Ridley Scott à Ouarzazate, comment ne le ferais-je pas pour un réalisateur marocain?.

Que pensez-vous de ce qui se passe dans le monde actuellement ?
Le monde actuel va dans le sens de la folie totale. Cela me rappelle, d’ailleurs, le roman intitulé « 100 ans de solitude» de Gabriel Garcia Marquez. Dans ce roman, les gens n’ont pas dormi pendant une longue durée, et ils sont entrés dans un état second où ils ne contrôlent plus leurs actes et ne sont plus conscients de ce qui les entoure.
Je ne sais pas pourquoi j’ai l’impression que les gouvernements du monde entier sont de mèche contre les peuples du monde, d’une manière ou d’une autre. Je ne crois pas du tout qu’un pays soit en conflit avec un autre. En fin de compte, c’est le peuple qui en paie les pots cassés.
Ce qui arrive actuellement est inacceptable. On tape sur l’Irak car on doute qu’il détienne du nucléaire. Il s’avère ensuite que c’est faux et pourtant on continue à taper sur eux. Il est injuste de prétendre cela et le pire ce sont les autres gouvernements passifs qui ne réagissent pas, comme hypnotisés par le lot de mensonges qui les entoure.

Quelle est votre devise ?
Le Dalai Lama disait que si tu peux aider les autres, n’hésite pas, mais si tu ne peux pas, au moins ne leur fait pas de mal. Et ma devise c’est de travailler, toujours et intensément, sans attendre de considération, car en travaillant la considération vient à nous.

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