Khouribga, capitale du cinéma africain

La conférence de presse était prévue à 18 h 30, elle a commencé à 20 h. C’est ce qu’on appelle un festival qui démarre mal. Il ne faudrait pas toutefois tenir rigueur de ce cafouillage aux organisateurs, pourvu que le reste soit à l’heure. La 8ème édition du festival du cinéma africain de Khouribga aura lieu du 14 au 21 juillet 2002.
Ce festival a été crée par la Fédération nationale des ciné-clubs au Maroc en 1977. Il a sombré dans un coma profond jusqu’à ce que quelques passionnés le rappellent à la vie. Cette manifestation est placée sous le thème «le cinéma et l’amitié entre les peuples».
Le long-métrage du réalisateur égyptien Radouan ElKachif, «Le magicien», va ouvrir le bal. Il est hors compétition officielle. Quant aux films en lice, ils sont au nombre de 17 et représentent 15 pays. Un seul film sélectionné date de 2002. Il s’agit de «La voisine», réalisé par l’Algérien Ghouti Bendeddouche. Les autres ont été très majoritairement réalisés en 2000. Ce qui n’est évidemment pas la meilleure voie pour installer cet événement parmi les manifestations importantes du cinéma africain. Mohamed Arious, vice-président de la Fédération nationale des ciné-clubs au Maroc et vice-président de l’association du festival de Khouribga, justifie la date ancienne des films par le fait que de nombreux réalisateurs n’ont pas répondu aux conditions de participation au festival. Ils n’ont pas envoyé de cassette vidéo. Il ajoute: «la réussite d’un festival n’est pas seulement affaire de nouveauté, mais de qualité. On préfère montrer au public des films anciens – mais qui dispensent de grands moments de cinéma – plutôt que des navets neufs». Cela dit, il n’en demeura pas moins qu’on ne peut espérer fonder la renommée de cette manifestation en montrant des films qui ont déjà fait le tour de plusieurs festivals. Les deux films qui représentent le Maroc dans ce festival sont: «Soif» de Saâd Chraïbi et «Taif Nizar» de Kamal Kamal. Un hommage sera rendu au cinéaste tunisien Taher Chriaa et au Sénégalais Yves Badara Digne. Un colloque est également programmé. Intitulé «Images et Cultures d’Afrique», il traite de l’image de la culture africaine véhiculée à travers le cinéma. Ce colloque vise à étudier l’identité du cinéma africain au sein d’un monde qui a fait de la globalisation son maître-mot.
Les stars invitées à ce festival ? Il en existe. À leur tête la grande actrice syrienne Mouna Ouassif. Il y a aura aussi le grand comédien égyptien Mahmoud Abdelaziz et l’inoubliable «Chakif»: le Syrien Saloum Badiâ Haddad. Ces trois noms participeront indéniablement à augmenter le rayonnement de la manifestation. Le jury qui va décerner les prix du festival est présidé par l’écrivain Mohamed Berrada. Ce jury se compose de sept membres. Le nom du président de ce jury a provoqué la protestation de quelques journalistes qui lui ont reproché d’être trop «consommé» et de ne pas être un homme du métier. Par ailleurs, la 8ème édition se distingue des précédentes dans la mesure où les films seront montrés dans le tout nouveau complexe culturel de la ville. Il existe une autre innovation importante. D’une biennale, le festival va se transformer en manifestation annuelle, selon El Mehdi Atmoun, l’homme à la fois président du festival et du conseil municipal de Khouribga.
Les organisateurs ont également reconnu le principal handicap dans Khouribga. Cette ville ne possède en effet qu’un seul hôtel valable, et il sera difficile d’y loger tous les invités.
Plusieurs prix seront décernés aux films primés. Le grand prix, attribué par l’OCP, s’élève à 70 000 DH. Le prix de réalisation (20 000 DH), de l’oeuvre (15 000 DH), du scénario (15 000). Le prix le plus sympathique est celui de la Fédération nationale des ciné-clubs au Maroc. Intitulé Don Quichotte, il récompense un film peu fait pour séduire les circuits commerciaux du cinéma.

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