Khouribga frappée par l’onde de choc

«Que Dieu nous en garde ! Que Dieu nous en préserve ! Fasse Dieu que la guerre n’ait pas lieu ! » Ces prières préventives ne sont pas sorties de la bouche d’une mère irakienne qui craint le pire pour ses enfants. Ce ne sont pas non plus les propos d’un pacifiste qui ne croit plus aux efforts des alliés contre la guerre. Encore moins les interjections d’un politicien qui s’en remet à Dieu pour contrer la marche décidée et arrogante de l’armée américaine. Non ! ce sont les propos du délégué du ministère de la culture à Khouribga. Abdelhamid Khibri balbutie ces prières dès qu’on évoque l’éventualité d’une guerre contre l’Irak. Et pour cause, l’homme appréhende l’annulation du 4ème festival national des Abidat R’ma. Il sait que Khouribga n’est pas à l’abri de la politique internationale. L’année dernière, une estrade avait été dressée sur la place Al Moujahid. Recouverte de tapis de la région, cette scène promettait aux assistants des spectacles aux rythmes endiablés. Ils étaient venus nombreux de Oud Zem, de Fqih Ben Saleh et de Bajaâd pour assister aux prestations des troupes.  Tout semblait prêt pour le commencement des concerts, lorsqu’un camion à benne de la municipalité a fait une entrée intempestive dans l’enceinte de la place. Les employés de la municipalité ont replié les tapis, décloué une à une les étoffes de tissus qui ornaient les planches, démonté les mâts des tentes qui devaient servir de loge aux troupes, enlevé les banderoles, arraché du sol les poteaux qui arboraient des drapeaux. En dix minutes, la belle scène richement décorée n’était plus qu’un amas de planches et de fers nus. Pas de Abidat R’ma alors que Sharon massacre nos frères en Palestine ! Abdelhamid Khibri n’a pas oublié cet air de fête que le Premier ministre israélien a volé aux habitants de Khouribga. Il sait que le même scénario risque de se répéter cette année encore. Bush junior est déterminé à faire la guerre à Saddam, et il a établi « une date butoir » qui précède de 5 jours seulement la date de l’ouverture du festival. Le hasard des calendriers s’acharne donc sur les Abidat R’ma. La déception des gens de Khouribga risque d’être plus grande cette année là. Vingt-deux troupes sont attendues au festival, dont quinze formées de jeunes. Les troupes des jeunes ont dû se soustraire à un « examen de présélection très rigoureux », nous dit Abdelhamid Khibri. « Seules les meilleures ont été sélectionnées ». Réussir les épreuves de cette sélection difficile, et se voir privé, par la faute du président Bush, de l’opportunité de montrer qu’ils n’ont pas volé le droit de jouer dans la cour des grands, cela constitue aussi l’une des faces des « dégâts collatéraux » de la guerre annoncée contre l’Irak.

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