La Berlinale de la paix

On a toujours reproché au cinéma américain, Hollywood particulièrement, d’être pro-politique américaine. Une idée qui se vérifie mais qui serait en passe d’être périmée. Et pour cause, les positions « politiques » d’acteurs et de cinéastes américains qui ont marqué, au risque même de voler la vedette à l’événement, le Festival du cinéma de Berlin. A commencer par la sortie de l’enfant terrible du cinéma américain, Spike Lee.
Censée être une occasion pour la présentation de son dernier film, La 25ème Heure, la conférence de presse que le réalisateur avait animée mercredi dernier s’est mue en un véritable manifeste contre la guerre en Irak. « Je suis totalement contre la guerre en Irak », a déclaré le réalisateur de Jungle Fever et Malcom X, venu en principe présenter le premier film à montrer ce que l’on appelle le Ground Zero, le chantier où des bulldozers effacent les traces des attentats contre le Wall Trade Center.
Le brillant acteur Edward Norton, époustouflant dans le rôle principal de Fight Club et acteur également dans le dernier né de Spike Lee, n’a pas non plus mâché ses mots pour condamner l’acharnement américain. «J’ai oublié ce que c’était que d’être fier de la politique de son gouvernement… J’envie presque les Français et les Allemands qui sont d’accord avec la politique du leur. J’espère que la communauté internationale continuera à faire pression» sur Washington, a déclaré Norton. Idem pour le grand Dustin Hoffmann, pour qui le scénario actuel ne fait qu’en rappeler un autre, celui e la guerre contre le Vietnam. «Cette guerre avait commencé avec un mensonge et cela pourrait peut-être se répéter», a expliqué Hoffmann.
Certains acteurs hollywoodiens ont été moins incisifs.
C’était le cas pour le légèrement léger George Clooney et le très évasif Kevin Spacey. « C’est difficile pour moi d’en parler. Je ne veux pas apparaître comme antipatriotique… Je prie pour que se poursuive le débat », a déclaré le premier tandis que le deuxième s’est contenté d’espérer une solution diplomatique à la crise. C’est dire que le degré d’opposition des hommes du cinéma à un crime en voie d’être organisé est proportionnel à leur talent.

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