La Capoeira : Une danse sur fond de lutte

La Capoeira : Une danse sur fond de lutte

Il est 20 heures 30 à l’ambassade du Brésil à Rabat, c’est l’heure de la démonstration de la « roda de Capoeira ». Ce nom évoque un combat- danse caractéristique du Brésil. Le groupe nommé Abada Capoeira s’est rendu au Maroc pour enseigner à des Marocains en 10 jours le principe de cette lutte. Ils sont deux Brésiliens habitant en Belgique, «Macaque» et «Sabia », et ils sont venus au Maroc à l’initiative de l’ambassade du Brésil. Ils se sont rendu compte que la Capoeira au Maroc est très familière et qu’elle fait le bonheur d’un grand nombre de jeunes marocains.
C’est pour cette raison qu’ils ont décidé de donner des cours à Casablanca pendant une semaine. Après coup, ils ont réalisé avec certains éléments cette démonstration qui a eu lieu mercredi soir.
La Capoeira est pratiquée essentiellement à Salvador, dans l’Etat de Bahia au Nord-Est du Brésil. Cet art a été introduit à l’origine par des esclaves venus d’Angola. Au fil des ans, la Capoeira a évolué et s’est transformée en une discipline athlétique. Le principe de ce combat consiste à former une sorte de ronde, d’où le nom de roda. En formant une ronde, l’ensemble des «Capoeiristes» participent au jeu. Qu’ils soient à l’intérieur ou à l’extérieur du cercle, ils ont tous un rôle à jouer. A l’intérieur deux Capoeiristes jouent. Ils ont à leur disposition tout le panel de leurs coups et des ruses qu’ils ont pu expérimenter. Car tout est esprit, ruse et souplesse. Mais les «Capoeiristes » doivent, par-dessus tout comprendre leurs partenaires. La qualité de la prestation dépend de la relation qu’ils auront su créer avec leur partenaire. Ils sont le centre du spectacle de la «roda».
A l’extérieur du cercle, la participation à la roda est forte. Il y a les musiciens qui ouvrent et rythment le jeu. Les autres regardent les joueurs au centre de la roda, et les encouragent en frappant des mains et en chantant.
La musique de la Capoeira est caractérisée par deux principaux instruments : le « berimbeau » et le pandeiro. Le berimbeau est l’instrument typique de la Capoeira. C’est une pièce en bois en forme d’arc avec une corde en métal tendue d’un bout à l’autre. Une calebasse peinte, qui agit comme caisse de résonance, est attachée à la base du berimbeau. Le pandeiro est une sorte de tambour ou de « djembé ». Il a l’allure de l’instrument qui caractérise la musique sénégalaise ». Ce sont ces deux instruments qui rythment la cadence du combat-lutte.
Entre l’intérieur et l’extérieur du cercle, nombreux sont les échanges. Si le jeu est bon, les chants appelés « La Chula » et les claquements de mains vont se faire plus fort, la cadence de la musique va s’accélérer. Si l’ambiance est chaude, les joueurs vont chercher à en faire plus. Une synergie se crée entre le centre et l’extérieur de la roda. De plus chacun peut, dès qu’il en a envie, entrer dans le cercle et remplacer un des deux joueurs pour se mesurer à l’autre.
L’entrée et la sortie des Capoeristes sont soumises à des règles. Chaque fois qu’il sort ou qu’il rentre du cercle, le Capoeiriste doit faire ce que l’on appelle « le respect ». C’est une sorte de signaux des mains pour débuter les mouvements. Celui qui entre s’interpose entre les deux joueurs présents et fait face à celui avec lequel il veut jouer. L’autre se retire.
Le nouveau venu attend la décision de son adversaire de commencer le jeu. Ce dernier peut prendre le temps de reprendre son souffle avant de reprendre un jeu. Pour ceci, il marche le long du cercle, et l’autre fait de même. C’est celui qui vient de jouer qui décide de l’opportunité de reprendre le jeu.
Mais ce qui est le plus important dans la Capoeira, c’est sa symbolique, c’est une danse qui a longtemps été interdite au Brésil. Les forces de l’ordre n’hésitaient pas à disperser les jeunes Capoeristes dans les ruelles de Bahia.
C’était à la limite du mal vu. Mais avec le temps, cette lutte a acquis une renommée internationale, elle s’est transformée en une sorte de danse empreinte d’un esthétisme sans pareil. Les joueurs ne se touchent pas, ils n’y a guère de violence ou de brutalité. C’est un dialogue et une culture que le groupe Abada Capoeira a partagés avec le public venu nombreux ce mercredi soir à l’ambassade du Brésil.

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