La captive de Genet

Aujourd’hui le Maroc : Comment vous est venue l’idée de jouer « Un Captif amoureux » ?
Lara Bruhl : En fait, je connaissais bien le théâtre de Genet et ses romans, mais je ne connaissais pas « Un Captif amoureux ». En janvier 2001, Albert Dichy m’a proposé de participer à une émission sur France Culture consacrée à Genet. Il m’a demandé de lire des extraits de ses oeuvres. Et c’est ainsi que j’ai fait connaissance avec « Un Captif amoureux ». J’ai été immédiatement conquise par ce texte, je l’ai entendu tout de suite ce texte. J’ai acheté le livre le lendemain et je l’ai dévoré. J’ai eu très vite envie de le présenter sur scène.
Est-ce qu’il est facile de jouer un texte dont la nature n’est pas dramaturgique ?
Nous avons essayé dans ce spectacle de ne pas être dans l’interprétation et de prendre une certaine distance vis-à-vis de la lecture de texte. Tout en étant le plus près de l’écriture de Genet (nous l’avons respecté à la virgule près), nous l’avons fait obéir à des exigences scéniques.
Pourquoi avoir choisi dans « Le Captif amoureux » des passages se rapportant à la Palestine ?
Parce qu’on ne peut pas éviter dans « Un Captif amoureux » le voyage de Genet aux camps des Palestiniens. Et autour de ça, il y a deux rencontres : celle de Hamza et de sa mère. Genet verra en cette dernière la mère qu’il n’a pas eue. Tout le monde sait que Genet n’a eu ni père ni mère. Il a été adopté.
Le corps est très important dans votre jeu… En fait, j’ai lu l’essai magnifique de Genet sur Giacometti. J’aime beaucoup Giacometti. Par rapport au spectacle, je pensais qu’il fallait un corps qui ait autant de présence que les sculptures de Giacometti. Je me suis beaucoup inspiré de Giacometti. J’ai regardé intensément ses sculptures.

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