La danse : Une espèce d’envoûtement

ALM : Sur le plan de la chorégraphie, il y avait une figure géométrique qui revenait constamment, celle du cercle.
Fatou Traoré : Oui c’est prémédité, parce que j’ai travaillé sur une spirale. Il y a deux moments dans le spectacle qu’on appelle des fusions. Il y en a une que j’ai écrite justement sur une spirale. C’est difficile à expliquer, mais c’est une spirale qui s’agrandit et se rétrécit, et puis à un moment donné elle s’arrête sur un point fixe. Le cercle répond aussi à une espèce d’envoûtement. Le fait d’avoir ce mouvement, ça me met dans un état particulier : un trouble qui ne se dit pas, mais se donne à voir.
Est-ce qu’il est facile de tenir un peu plus d’une heure, seule, sur scène ?
C’est un grand challenge. Oui, c’est une aventure. Je ne suis pas complètement seule, parce que le musicien est là. Mais c’est vrai que je tiens tout l’espace, toute la dynamique du geste seule… Et en plus, c’est la première fois, parce qu’en général je travaille toujours avec des gens. Je me nourris beaucoup de l’énergie des autres.
La danse contemporaine est encore balbutiante au Maroc. Elle reste difficile d’accès pour un très large public. Pensez-vous qu’elle a un avenir ici ?
À mon avis, elle a un avenir parce qu’il y a des Marocains qui se battent pour qu’elle existe. Cela dit, il y a toute une éducation à faire. Elle a été faite en Europe déjà, mais ce n’était pas une chose acquise. La danse contemporaine a eu pendant très longtemps un public très restreint. En France, il y a eu une grande concentration pour que la danse contemporaine rentre à l’école.
On a imposé presque des spectacles de danse contemporaine dans les abonnements. Il y a toute une politique qui est derrière cette réussite. Ce qui n’est pas évident au Maroc où la population a d’autres soucis que d’assister à des spectacles de danse. Je pense que pour s’intéresser à la danse contemporaine, il faut avoir un minimum de confort. On sait bien qu’il faut dépasser un certain seuil pour que les gens se sentent concernés par la consommation de l’art.

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