La fantasia : Les femmes de plus en plus charmées

La fantasia : Les femmes de plus en plus charmées

Depuis la nuit des temps, la fantasia marque les différentes formes de manifestations équestres. Et si elle n’était pratiquée que par les hommes, on remarque que les femmes commencent à se passionner davantage pour ce sport. «De nos jours, les femmes pratiquent souvent la fantasia, cela les a poussées à s’organiser en formant leurs propres groupes»  estime Hanane Boulhimz, appelée cavalière de l’Atlas, et qui est chef d’un groupe de fantasia.
Au Maroc, il existe six groupes de femmes pratiquant la fantasia (Mohammedia, Kénitra, Khémisset, Meknès, El Jadida et Benslimane). Le premier groupe a été créé par Mme Boulhimz dans la région de Meknès-Tafilalet. «Quand j’étais enfant, je voyais mes arrière-grands-parents pratiquer la fantasia. Cela m’a permis de monter à cheval depuis un bas âge. Et parfois, je participais à des manifestations aux côtés des hommes. D’ailleurs, j’étais la première femme à pratiquer la fantasia. Au fil du temps, j’ai décidé de créer un groupe de femmes en 2005», a-t-elle précisé. Interrogée sur le sentiment qu’elle ressent en faisant la tbourida, Mme Boulhimz déclare : «En tant que femme, je me sens fière quand je monte à cheval. Vraiment, c’est un sentiment indéfinissable».
Et pour réussir une tbourida, il faut que le groupe soit constitué d’un nombre pair de personnes. Par exemple, s’il y a cinq personnes à droite, il faut qu’il y ait le même nombre de personnes à gauche et avec le leader du groupe, cela fait onze personnes. Quant à la race du cheval, ce sont le barbe et l’arabe-barbe qui remportent le succès. Car ils sont réputés par la force et la patience. Par ailleurs, les hommes n’hésitent pas à manifester leur jalousie à l’égard de la pratique de la fantasia par les femmes. «Les hommes n’acceptent pas l’idée que la fille monte à cheval. Mais les femmes insistent toujours à relever le défi pour prouver leurs compétences et concurrencer les hommes», avoue Mounia Taârabet, chef d’un groupe de fantasia dans la région de Khémisset.
Le refus se manifeste davantage chez les parents des filles qui refusent catégoriquement que leurs filles participent à des manifestations. «En tant que chef de groupe, j’essaie de convaincre les parents en leur rappelant que le Prophète Sidna Mohammed sur lui salut et bénédiction a recommandé d’exercer l’équitation», a indiqué Mme Taârabet. Et pour initier toutes les catégories d’âges à la pratique de la Fantasia, le célèbre comédien Saïd Naciri a pris l’initiative de créer un club de Fantasia à Bouskoura. C’est le premier en son genre au Maroc. La création de ce club se fixe plusieurs objectifs. A cet égard, M. Naciri a déclaré à ALM : «Le but est de promouvoir la tbourida qui est un patrimoine, préserver certaines races comme le barbe et l’arabe-barbe, et encourager les gens à ramener leurs enfants pour prendre des cours».
Entre autres, le club de la fantasia aspire organiser un championnat qui sera réservé aux femmes pour les encourager à continuer de pratiquer ce sport. Par ailleurs, il serait judicieux de remonter un peu aux origines du mot fantasia. En effet, ce mot est d’origine latine signifiant «divertissement» et plus probablement hispano-italienne qui veut dire fantaisie. Puis, le mot fantasia est entré dans le langage populaire marocain où il prend le sens d’ostentation. D’ailleurs, au cours de la fantasia, les tribus marocaines ajoutaient, selon les régions, des touches personnelles : des jeux avec le fusil, des acrobaties, des tenues de couleurs vives habillant le cheval afin d’impressionner les tribus rivales. Toutes ces touches et les risques pris par les cavaliers jugés hardis par le public marocain feront passer le terme fantasia dans la darija pour qualifier une personne ostentatoire, exhibitionniste ou insolente. En outre, la fantasia de groupe et de tirs à distance est une technique martiale d’assaut héritée de l’Islam, puis une démonstration militaire pratiquée dans certaines régions avant de devenir une tradition chez certaines tribus guerrières rurales. Cette charge en groupes et de tirs ou en aller-retour serait une stratégie militaire arabe trouvant son fondement dans le Coran.


Club de la fantasia

Etendu sur trois hectares, le club de la fantasia se trouve à   22 km de Casablanca sur la route de Ouled Saïd. Il a ouvert ses portes il y a dix jours. Ce club dispose d’une quinzaine de chevaux, comme il y a possibilité de ramener son propre cheval. Il offre également un espace de loisirs (mini golf, restaurants…). Le club de la fantasia est également doté d’un circuit pour que les gens puissent le découvrir. Les droits d’entrée sont à 100 DH par famille, 70 DH par personne et 50 DH par enfant. Pour prendre des cours au club, les frais ne sont pas assez exorbitants, ce sont les familles qui sont surtout encouragées. Une personne paie 7000 DH par an. Pour un couple, c’est 6000 DH par personne, la gratuité est offerte pour un petit enfant de moins de 3 ans. Pour une famille ayant un enfant de plus de trois ans, les doits d’inscription sont fixées à 5000 DH par personne et 2000 DH par enfant et à partir du troisième enfant, le droit d’inscription est de 1000 DH.

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