La Fédération nationale des musées (FNM) s’active: Rabat, Tanger, Safi,… les musées se démocratisent

La Fédération nationale des musées (FNM) s’active: Rabat, Tanger, Safi,… les musées se démocratisent

Après plusieurs mois de travaux, le Musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes de Tanger réouvrira ses portes au public le vendredi 29 juillet. Cette action fait partie d’une stratégie prioritaire de rénovation des musées lancée par la Fondation nationale des musées (FNM) qui, depuis sa création, réinvente les rapports avec l’art. Décryptage.

Transformé en musée en 1922, le Palais de la Kasbah, dit Dar Al Makhzen ou Palais du Sultan, a vu le jour avec Ahmed Ben Ali, fils du Caïd Ali Ben Abdellah El Hamani Errifi qui a repris Tanger des mains des Anglais en 1684. Occupant la partie Est de la Kasbah de Tanger, cette somptueuse bâtisse qui incarne toute la beauté de l’architecture seigneuriale marocaine avec des nuances européennes est devenue aujourd’hui un lieu plus attractif et accueillant, avec une nouvelle scénographie qui valorise les collections présentées.
Dans une déclaration à ALM, Mehdi Qotbi, explique que les travaux de restauration qui ont été faits n’ont pas influencé l’architecture du bâtiment. En sa qualité de directeur de la FNM, celui-ci précise que seul le contenu exposé a été réaménagé et réorganisé en fonction d’un circuit chronologique et d’une réflexion engagée sur le plan scénographie. En effet, cet élément important du patrimoine de la ville de Tanger gardera toujours son patio à ciel ouvert, son jardin Riad Soltane, ses colonnes galbées, ses salles en enfilades, ses plafonds en cèdre peint et ses portes traditionnelles.

Les supports de médiation seront également mis à jour afin de favoriser l’appréhension du contenu des expositions et l’ensemble de la visite.  Mehdi Qotbi ajoute dans ce sens : «Le musée a son rôle spécifique à jouer dans l’accompagnement du changement qui s’impose à notre société, sur le plan tant culturel que social et économique, et qui doit sans cesse être réinventé». Pour rappel, la FNM mène depuis sa création en 2011 des actions importantes et établit des partenariats aux niveaux national et international pour démocratiser l’art et le rendre accessible à tous les citoyens. Elle met également en place une stratégie de management culturel  afin de faire de la culture un levier de développement socio-économique et ambitionne de développer une stratégie de mécénat de plus en plus structurée.

Plusieurs musées sont ainsi en cours de transformation. Après l’inauguration du Musée de la Kasbah des cultures méditerranéennes ce jeudi, le Musée archéologique des Bronzes de Rabat sera réouvert au public vers la fin d’octobre. Le Musée Batha de Fès sera rebaptisé, quant à lui, Musée de l’art de l’Islam après sa rénovation et celui des Oudayas s’appellera le Musée du Caftan et de la Parure. Pour ce qui est du musée de Meknès, il mettra à l’honneur la poterie et celui de Safi la céramique.  «Ce travail de rénovation entamé par la FNM est l’une des déclinaisons de la politique culturelle royale. La Fondation multiplie ses efforts et exploite ses réseaux pour assurer un développement culturel en phase avec le développement territorial et socio-économique», nous confie la même source.

Rabat est un exemple qui démontre cela. Depuis l’inauguration de son Musée Mohammed VI d’art moderne et contemporain, la ville attire un public diversifié, local et étranger, grâce aux grandes signatures qui ont été exposées dans son musée. Le MMVI a établi, en effet, la première grande rétrospective consacrée à l’œuvre d’Alberto Giacometti en Afrique, peu de temps après l’exceptionnelle exposition monographique du grand sculpteur César Baldaccini. En 2017, le musée accueillera une collection de dessins et de tableaux de Picasso dans le cadre du projet «Picasso – Méditerranée» initié par le musée Picasso de Paris.

Grâce à l’art du développement culturel et territorial de la FNM, le Maroc aura donc une palette de musées, réservoirs de beauté et d’histoires, bien adaptés à ses enjeux sociaux et économiques.  Il faut donc qu’existe et se manifeste ouvertement la reconnaissance, de la part de tout le tissu social environnant, du musée comme instrument central de développement et de valorisation du patrimoine.  Le musée, considéré généralement comme un lieu élitiste, fermé sur ses collections et parlant un langage codé devient ainsi accessible à tous, proche de la population, répondant à ses besoins et préservant son patrimoine et sa culture tout en contribuant à leur rayonnement. Tel est le cas du musée de la Kasbah qui sera ouvert tous les jours de 10h à 18h, sauf le mardi. L’accès à ses oeuvres historiques sera gratuit jusqu’au 1er août et tous les vendredis. L’ouverture d’une boutique et d’un café dans le même lieu est également programmée.

Soukaina Zoubir
(journaliste stagiaire)

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