La femme, derrière le Number One

La femme, derrière le Number One

«Number One», le premier film de la réalisatrice Zakia Tahiri est sorti depuis ce jeudi 26 novembre dans les salles du Royaume. Ce film montre un tableau de la société marocaine où domine le rose. Cette couleur particulièrement associée au genre féminin, renvoie également à la joie et au bonheur de vivre. Sauf que tout n’est pas rose dans le film de Zakia même si la fin est heureuse. «Number  One», est une comédie populaire, douce-amère, qui dédramatise un quotidien difficile, Zakia Tahiri s’attaque à une multitude de sujets qui font partie d’une société marocaine en mouvement et où la relation entre l’homme et la femme est également à redéfinir.
Ce film raconte une histoire d’amour et parle de la femme et de sa condition sociale. «J’avais envie à travers ce film de participer à cette dynamique d’évolution qui s’est mise en place au Maroc. Et dire que tout n’est pas réglé au pays», a déclaré à ALM la réalisatrice. En effet, le film retrace bien la situation et la complexité de la société marocaine actuelle. C’est l’histoire de Aziz, rôle campé par l’acteur Aziz Saadallah, qui dirige une usine de confection qui emploie une cinquantaine d’ouvrières. Il terrorise ses dernières, tout comme il terrorise sa femme et sa fille. Sauf qu’un jour, sa femme Soraya, rôle interprété par l’actrice Nezha Rahil, découvre que son mari peut être aussi gentelman, un prince  charmant, lorsqu’il doit faire bonne figure devant une cliente  étrangère… Elle décide de lui jeter un sort, pour que cet instant de bonheur ne finisse jamais… Aziz devient féministe malgré lui… Sa vie devient un enfer… «J’ai dessiné mon «Aziz», mon Number One. Je l’ai cherché, découvert, apprivoisé. Je l’ai détesté, je lui ai pardonné… il m’a fait peur, rire, pleurer. Je l’ai aimé dans ses contradictions, dans sa froideur, son injustice, dans sa pudeur… Son histoire est celle d’un pays en pleine mutation», avoue la réalisatrice dans sa note de présentation du film. «Aziz, Number One», représenterait l’homme marocain en plein cheminement vers une réalisation personnelle qui permettrait  également l’épanouissement de la femme. En traversant toutes sortes de crises, notamment le sort jeté par sa femme Soraya, une sorte d’électrochoc le poussant à se remettre en question, Aziz a pu arriver à se voir tel qu’il est et devrait être et par là enfin rencontrer sa (la) femme, la voir telle qu’elle et telle quelle a toujours été : belle, intelligente et attachante. «Number One» est un film adressé à un large public et qu’on peut voir en famille. Mais malgré son langage simple et accessible, le film regorge d’éléments symboliques et peut également accepter des lectures à divers niveaux. Par exemple, le recours à la sorcière peut référer à la forte présence de la culture et des croyances populaires dans les mentalités et dans la société marocaine, ou encore indirectement au phénomène de l’analphabétisme.
Dans un autre niveau, on peut également voir dans le recours à la sorcière la symbolique du pouvoir féminin. Ainsi le sort jeté par la sorcière à Aziz est tellement puissant qu’aucun autre sorcier n’aura pu le rompre. Seul Aziz parviendra à le faire en s’affirmant et en se réconciliant avec lui-même. Selon Mme Tahiri, «la femme ne peut pas dénoncer son mari s’il la maltraite. À qui peut-elle s’adresser, et vider son sac à part malheureusement une sorcière».  Et de conclure : «le message de ce film est justement de dire que cela ne sert à rien. Ce dont on a besoin, c’est le regard de l’autre, de l’échange, de l’amour et du respect».
 

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