La gastronomie, nouvelle arme du tourisme en Asie

La gastronomie, nouvelle arme du tourisme en Asie

De Joël Robuchon à Alain Ducasse, de Wolfgang Puck à Guy Savoy, les chefs vedettes de la cuisine mondiale sont très demandés en Asie, où la gastronomie s’affirme de plus en plus comme l’un des moteurs du tourisme. Les réputations de Tokyo et de Hong Kong ne sont plus à faire. La capitale japonaise est la championne mondiale incontestée des restaurants trois étoiles, devant Paris, selon le guide Michelin. Hong Kong est aussi célébrée pour ses nombreuses tables réputées qui attirent amateurs chinois fortunés comme hommes d’affaires de passage. Mais d’autres villes affirment leurs ambitions, à l’image de Singapour ou Bangkok, qui offrent désormais bien plus que les mets raffinés de la cuisine thaïlandaise ou les plats métissés à l’image de la population de la cité-Etat. «L’image de Singapour comme ville où il fait bon manger est nettement plus visible aujourd’hui. J’ai de nombreux amis étrangers qui viennent pour cela», témoigne Tetsuya Wakuda, le chef de Waku Ghin, un restaurant réputé mêlant les influences nippone et européenne. La cuisine «est l’un de nos principaux axes de développement», précise Ranita Sundra, du Bureau singapourien du tourisme (STB), qui a récemment lancé une campagne de promotion de la scène gastronomique locale. Outre M. Wakuda, Singapour table sur les toques célèbres comme les Français Joël Robuchon, Guy Savoy et Daniel Boulud ou l’Américain d’origine autrichienne Wolfgang Puck. Le premier y prépare l’ouverture de trois nouveaux restaurants en juin, sur l’île de Sentosa, un nouveau complexe touristique lié à un casino, tandis que le dernier a récemment inauguré son troisième restaurant. L’Espagnol Santi Santamaria, trois étoiles au guide Michelin, était à Singapour le 16 février pour fêter le premier anniversaire de son établissement, El Can Fabes, lorsqu’il est brutalement décédé. «Les restaurateurs sont stimulés par cette nouvelle concurrence. Ils se retroussent les manches et c’est bon signe pour la qualité», résume Raymond Lim, du restaurant français Les Amis, bien établi à Singapour. Ces établissements huppés veulent profiter à plein du boom touristique de Singapour, surnommée «la Suisse de l’Asie» en raison de sa richesse et de sa tranquillité. Idéalement citée au cœur de l’Asie du Sud-Est, la cité-Etat a accueilli 11,6 millions de visiteurs en 2010, un bond de 20% sur un an grâce notamment à l’ouverture de deux complexes hôteliers géants liés à des casinos, qui attirent Chinois, Indonésiens, Indiens, Malaisiens ou Australiens. Les bonnes tables s’installent là où elles trouveront des gourmets prêts à signer un gros chèque pour un repas: les places financières de Tokyo et Hong Kong ou Singapour, le centre de trading du pétrole en Asie. Extrêmement actif, Joël Robuchon est déjà implanté à Hong Kong, à Macao et Tokyo, où il est le chef le plus titré par le guide Michelin. Son compatriote Pierre Gagnaire a ouvert un restaurant dans l’hôtel Mandarin Oriental de Hong Kong, tandis qu’Alain Ducasse est présent avec Spoon à l’InterContinental. A Bangkok, ce sont les frères jumeaux français Jacques et Laurent Pourcel qui ont conçu le menu du restaurant de l’hôtel Dusit Thani, situé au cœur du quartier des affaires. L’agence de voyage spécialisée Gourmet on Tour, basée à Londres, note que l’Asie attire de plus en plus les fins palais. «Une bonne partie de nos clients sont des hommes d’affaires qui, lorsqu’ils viennent en Asie, ajoutent un week-end de loisirs à leur séjour», indique Judith von Prockl, sa directrice.

  Philip Lim (AFP)

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