La «joie de vivre» d’Alexander Calder s’expose à Rome

Les célèbres mobiles d’Alexander Calder (1898-1976) seront à partir de vendredi au centre d’une exposition à Rome consacrée au sculpteur américain, dont l’œuvre était qualifiée de «pure joie de vivre» par l’artiste iconoclaste Marcel Duchamp. «Pourquoi l’art devrait-il être statique?» s’interrogeait en 1932 Calder, affirmant que «la prochaine étape dans la sculpture était le mouvement». Ainsi naquirent ses mobiles, des sculptures suspendues et composées d’éléments abstraits qui bougent selon une harmonie équilibrée mais toujours différente. Outre les mobiles, cette exposition sobrement intitulée «Calder», réalisée en collaboration avec la Fondation Calder, dévoile aussi des sculptures en bronze, bois ou fil de fer, des gouaches, des peintures à l’huile, des dessins et des bijoux.
Plus que les œuvres monumentales, comme «Pittsburgh» (1958), un énorme mobile noir et blanc d’une légèreté stupéfiante suspendu au plafond du grand hall du palais des expositions dans le centre de Rome, ce sont des œuvres plus intimes et touchantes qui dominent l’accrochage.
Le parcours débute ainsi par un série de dessins naïfs et ludiques d’animaux: dromadaires, ânes, singes, poules… réduits en quelques traits à leur plus simple expression.n
Dans une vitrine, deux petites sculptures touchantes représentant un chien et un canard, offertes pour Noël par Calder à ses parents quand il avait seulement 11 ans. Autre divine surprise: «Remus et Romulus», une sculpture en fil de fer appartenant au musée Guggenheim de New York montrant les frères légendaires tétant la louve romaine. Un peu plus loin, au choix: deux mobiles font un jeu d’ombre sur un «Panneau rouge», et un «Poisson de verre» fait mille reflets. A propos de ces sculptures, André Breton disait que «l’objet de Calder, réduit à quelques lignes découpant les couleurs élémentaires, par la seule vertu du mouvement, est miraculeusement rappelé à la vie la plus concrète et nous restitue les évolutions des corps célestes et le frémissement des feuillages aussi bien que le souvenir des caresses». «Calder» est visible jusqu’au 14 février (www.palazzoesposizioni.it).

 

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