«La kahena» cousue de fil blanc

«La kahena» cousue de fil blanc

D’une rencontre est né «Le fil blanc». Cet intitulé est le nom d’un documentaire réalisé par le cinéaste marocain Khalil Benkirane. Ce dernier a appris le métier aux Etats-Unis, et précisément à San Francisco.
En 1992, Khalil Benkirane intègre l’Université de San Francisco en Californie. Il obtiendra sa maîtrise d’art en théorie et production cinématographique en 1995. Cette date marquera le passage de ce réalisateur de la théorie à la pratique. Il réalisera trois œuvres cinématographiques aux Etats-Unis et produira 3 documentaires et 2 fictions de réalisateurs américains. Mais ce cinéaste marocain ne s’arrêtera pas là, il réalisera un quatrième documentaire qui n’est autre que «Le fil blanc ». Ce documentaire, qui n’est pas encore finalisé, est né de la rencontre de Khalil Benkirane avec le compositeur d’origine algérienne Cheb i Sabbah. Ce dernier est un Dj de renommée installé aux Etats-Unis et qui réalise des compilations de la World Music. Ce qu’on appelle des remix. Toutes les sonorités l’intéresse, mais ce qu’il aime surtout, c’est l’interactivité entre la tradition et la modernité.
Musique indienne avec du techno, turque avec du hip-hop, sont des exemples de remix que Cheb I Sabbah adore, c’est son dada. Ce Dj et compositeur se penche également sur les voix de femmes du Maroc. Cet intérêt a attisé la curiosité du réalisateur Khalil Benkirane. Ce dernier a rencontré le musicien lors d’un concert musical où il jouait entre autres la musique d’un groupe marocain de femmes: « B’Net Marrakech».
Les deux artistes tisseront des amitiés et de fil en aiguille, Khalil Benkirane découvre le doux dessein de Cheb i Sabbah. Celui d’enregistrer toutes les voix de femmes marocaines qu’il remixait et de les regrouper en un album. Haddarat, Nadia, B’net Marrakech, l’ensemble de Brahim El Balkini, ainsi que Ouled Ben Aguida, tant de voix qui viendront se greffer sur celle de la chanteuse algérienne Cheba Zahouania. Ce mixage sera réalisé à Marrakech. Une fois de retour dans son studio à San Francisco, Dj i Sabbah commencera ses arrangements musicaux, il mixe et remixe.
Il opère à un remaniement de toutes les voix enregistrées, tout en évitant de dénuer ces voix de leur essence traditionnelle.
Des rythmes électroniques ajouteront à ces voix une touche originale. Ce dessein de Dj i Sabbah, a charmé Khalil Benkirane et a créé en lui le désir de réaliser un documentaire sur ce projet. C’est ainsi qu’il y a un an et demi, Khalil Benkirane a choisi de suivre ce projet et d’accompagner toutes les étapes de confection du CD. «Le fil blanc » verra le jour.
C’est un projet dans le projet que Khalil Benkirane s’apprête à offrir au regard des spectateurs. Toutes les étapes d’enregistrements ont été filmées.
Le documentaire commence sur des images capturées dans un festival de World Music. « Des milliers de gens dansent en transe sur une musique électro-ethnique des B’net Marrakech arrangée par Dj i sabbah», explique Khalil Benkirane. Après San Francisco, direction Marrakech. « Laaziza, 54 ans, membre des B’net Marrakech marche en direction d’un studio d’enregistrement.
Elle y est accueillie par Dj i sabbah» et c’est ainsi se poursuit l’enregistrement et le tournage de «Le fil blanc ». Un déroulement qui rappelle les mises en abîme dans le théâtre. Après l’enregistrement final des voix qui ont été greffées à Marrakech, l’équipe est retournée à New York pour filmer des musiciens de la World Music, Bill Lashwell, Richard Horowitz et Karsh Kale. Ces derniers enrichissent le travail initial du DJ Cheb i Sabbah et y ajoutent des impro instrumentales de basse, ney et percussion. Enfin, le compositeur reviendra à Marrakech pour l’avant-première de son album enfin finalisé et intitulé « La Kahena ».
Il sera présenté aux membres du groupe et à tous ceux qui ont participé à la réalisation. Cette soirée sera elle aussi filmée par Khalil Benkirane. Dans cette séquence, on voit les B’net Marrakech, Nadia, Haddarat, dans une liesse totale.
Elles découvrent eux pour la première fois l’arrangement final de leurs voix. C’est aussi une occasion pour elles de faire la connaissance des autres groupes inclus dans l’album. Seule une seule séquence manque pour finir de tisser «Le fil blanc ». Celle de San Francisco.
Le réalisateur y retourne pour finaliser son film.
Un documentaire qui devra compter 100 minutes, né d’une fusion et enrichi d’amitiés. Un cocktail de musique, humanités, et cinéma. Ainsi se composent et l’album et le film.
Un projet commun jusqu’au bout et qui sera présenté pour sa première sortie au Canada en septembre prochain.

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