La lettre qui divise les cinéastes marocains

La lettre qui divise les cinéastes marocains

La guerre du ‘P’ aura lieu… n’aura pas lieu. Cette lettre provoquait régulièrement des réactions de colère chez la famille des cinéastes marocains. Le ‘P’ était à l’origine d’une scission entre deux blocs de cinéastes.
Les uns en réclamaient la paternité exclusive, les autres en défendaient le partage. Les deux camps ont-ils trouvé un terrain d’entente ? Apparemment oui, selon le cinéaste Saâd Chraïbi. Il affirme qu’ils vont se réunir pour enterrer une fois pour toutes la hache de guerre du ‘P’. Ils vont sectionner cette lettre d’un groupe pour en laisser la paternité à un autre. Le Groupement des auteurs, réalisateurs-producteurs (GARP) s’appellera désormais le Groupement des auteurs, réalisateurs (GAR). Il aura perdu son ‘P‘. La Chambre marocaine des producteurs de films (CMPF) arrêtera de faire des misères au GAR, du moment qu’il n’y a plus de ‘P’ de trop. Les membres du CMPF jugeaient comme une aberration l’existence de deux groupes de producteurs au Maroc. Ils disent avoir réussi à convaincre tout le monde de l’inutilité de pérenniser la querelle du ‘P‘. Les membres du GARP auraient fini par céder le ‘P’ de producteur à la CMPF pour ne garder que les auteurs et réalisateurs. Des signes annonciateurs de cette accalmie sont visibles. Lors de l’assemblée annuelle du CMPF, le 24 janvier 2004, plusieurs membres défroqués du GARP étaient présents. Au total, huit cinéastes augmentent désormais les rangs du CMPF : Hakim Noury, Hamid Bennani, Hassan Benjelloun, Daoud Oulad Sayed, Mohamed Ismaïl, Mohamed Lotfi, Ahmed El Maanouni et Driss Chouika. Ils sont tous à la fois réalisateurs et producteurs. C’est le cas de la majorité des cinéastes au pays qui expliquent cette exception marocaine par l’absence de véritables maisons de production.
Mais.Cette fin de guerre claironnée avec ardeur par Saâd Chraïbi, secrétaire général de la CMPF, n’est pas partagée par Latif Lahlou, président du GARP. Il tient au ‘P’ plus que jamais. “Il n’y aura pas de réunion le samedi entre le GARP et la CMPF. C’est de la manipulation, de l’intox, jetées par les gens de la CMPF. On garde notre “P“, parce qu’il correspond à la réalité du cinéma marocain“, s’écrie-t-il. Latif Lahlou explique qu’il n’existe pas de producteur à proprement parler au Maroc. “A l’exception de M. Sarim El Fassi, tous les autres sont réalisateurs et producteurs.
Comment voulez-vous que l’on enlève la qualité de producteurs à des réalisateurs et auteurs qui font aussi de la production ?“ Latif Lahlou est très virulent dans son discours et décidé à en découdre avec ceux qui veulent priver l’organe qu’il préside de sa quatrième lettre. La guerre du ‘P’ne fait que commencer.

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