La nouvelle dimension du «Jazz des Oudayas»

Ce festival de jazz a fondé sa réputation sur la rencontre entre artistes marocains et européens. Au bout de sept éditions, il est devenu l’emblème de la fusion entre jazzmen européens et instrumentistes marocains. L’on reproche souvent à cette manifestation la petite durée qu’ont les artistes marocains et européens pour répéter. Ils ont des fois moins d’une demi-journée pour faire connaissance avant de se produire devant le public. Majid Bekkas, à la fois musicien et co-directeur artistique du « Jazz aux Oudayas », estime toutefois que le petit temps imparti aux artistes des deux rives de la Méditerranée aurait constitué un handicap pour une forme musicale, mais non pas pour le jazz. L’improvisation étant pour lui une composante essentielle de cette expression musicale. Majid Bekkas met en avant d’autres mérites de l’événement.  « Ce festival donne à des Marocains, soucieux de recherches, l’occasion de s’exprimer sur scène. Ceux qui ne pratiquent pas une musique commerciale, peuvent se rattraper en jouant avec les grands du jazz européen ». Parmi les Marocains très attendus, lors de cette édition, il y a le luthiste Saïd Chraïbi, le percussionniste Jamal Rioui, le violoniste Abderrahim Semlali, le luthiste Driss El Malouni et d’autres encore. C’est Majid Berkkas qui est chargé de leur sélection.
En revanche, la programmation des artistes européens est du ressort de l’Allemand Ralf Dombrowski. Ce dernier est journaliste dans le plus grand quotidien en Allemagne : «Süddeutsche Zeitung». Il collabore à plusieurs revues spécialisées dans le jazz et dirige, depuis cinq ans, un grand festival dédié à cette musique en Allemagne : Schloss Elmau. Ralf Dombrowski est un fervent défenseur du jazz européen qui affiche, selon lui, une meilleure santé que le jazz américain. Le jazz européen possède, à ses yeux, une identité reconnaissable par tous. « Il tient cette identité de sa capacité à absorber d’autres musiques. Plusieurs musiques des régions européennes se mélangent avec la tradition d’improvisation qui vient du jazz », avait-il confié à «ALM». Il a invité cette année de très grands noms. Il suffit de dire que le très célèbre trompettiste italien Paolo Fresu participera à l’édition de cette année pour s’en convaincre. Dans son album “Night on the City”, sorti en 1996, Paolo Fresu révèle un jeu d’une simplicité déconcertante, mais sans rien sacrifier à la densité harmonique. Ce trompettiste est l’une des têtes d’affiche du prochain festival gnaoua, musiques du monde d’Essaouira. Le tromboniste suédois Nils Landgren est également très connu par les fans du jazz. Paolo Fresu et Nils Landgren sont capables à eux seuls de faire la réussite d’un festival de jazz. Les jeunes musiciens européens ont également leur place. Ils viennent de France, de Suède, des Pays-Bas, d’Allemagne, d’Autriche, de Belgique, d’Italie, de Finlande, de Grande-Bretagne et d’Espagne. Et la direction de Ralf Dombrowski garantit la qualité de leurs prestations artistiques.
Le festival « Jazz aux Oudayas » est organisé par la Commission Européenne au Royaume du Maroc. Les pays membres de cette commission ont décidé de dédier la manifestation aux victimes des attentats terroristes de Casablanca.

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