«La Passion du Christ» ou le chemin de croix du spectateur

Tourné en araméen et en latin, le film relate les douze dernières heures de la vie du Christ (incarné par Jim Caviezel), du Mont des Oliviers jusqu’à sa crucifixion sur le Golgotha, en s’inspirant des Evangiles selon St Matthieu, St Marc, St Luc et St Jean. Frappé, flagellé, les chairs arrachées, écrasé par le poids de la croix, « le Galiléen » n’est qu’une plaie sanguinolente, dont le martyr est ponctué de brefs flash backs sur sa vie avec Marie, la dernière scène avec les apôtres et ce message: « Aimez-vous les uns, les autres »… Le réalisateur-acteur-producteur australien, âgé de 48 ans, signe un film hyper-réaliste qui ne recule devant aucun détail: le sang gicle au ralenti et éclabousse les visages des soudards romains, le marteau enfonce les clous en gros plan et à grands renforts de musique, le diable fait des apparitions récurrentes sous la forme d’un être androgyne au crâne rasé…
Pour la foule haineuse, entraînée par les pharisiens et Caïphe le grand prêtre, qui réclame le lynchage et la mise à mort, le réalisateur du déjà très violent « Braveheart » a choisi des mines souvent patibulaires.
Les bourreaux romains aux rires gras ne sont guère mieux lotis que les juifs. Dans cette barbarie, Marie (Maia Morgenstern) et Marie-Madeleine (Monica Bellucci) apportent de brefs moments d’humanité.
Révélé par « La ligne rouge » de Terrence Malick, où il tenait un rôle déjà très christique, Jim Caviezel porte de façon convaincante le doute, la peur d’être abandonné et toute la souffrance du monde. L’acteur catholique, dont les initiales sont celles de Jésus Christ, avait 33 ans, comme le Christ au moment de sa mort, lorsqu’on lui a proposé le rôle. Il a dû endurer de 4 à 8 heures de maquillage par jour pour que les as des effets spéciaux et du maquillage, Keith Vanderlaan et Greg Cannom (qui ont à leur actif « Hannibal », « Dracula » et autres vampires et loups-garous), tuméfient son visage, lacèrent et écorchent son corps.

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