La rengaine de la cité des arts

La rengaine de la cité des arts

Et rebelote, cette saison, avec le même dossier de candidature. Le même destin qui attend les peintres qui s’égarent dans la nature. La même Cité Internationale des Arts. Le même atelier. La même réclusion entre quatre murs qui peut aussi bien s’effectuer à Paris ou en Chine. Le même ministère de la Culture qui chapeaute les opérations. Le même service de coopération de l’ambassade de France qui paie les bourses des artistes. La même commission qui évalue les dossiers. Tout renvoie la même image que les années précédentes. À une exception près : le marasme est réel cette fois-ci. Et des voix commencent à s’élever pour demander le changement d’une procédure usée, banalisée, et ne bénéficiant en rien aux sélectionnés, et encore moins aux arts plastiques dans le pays. Selon une source bien autorisée, une réflexion est en cours pour revoir l’obtention des bourses de résidence à la cité des arts. Cette même source ajoute que la commission qui évalue les dossiers de candidature est majoritairement constituée de personnes ayant trop de rapports directs avec les plasticiens. En clair, des hommes d’une petite corporation jugent leurs pairs. Il n’existe pas de regard extérieur susceptible d’ouvrir de nouvelles possibilités à des personnes qui se connaissent trop bien entre eux. Les voix qui demandent le changement sont fondées. Car que deviennent les artistes qui bénéficient d’une bourse à la Cité Internationale des Arts ? Comment profitent-ils d’un séjour de six mois dans une ville, considérée encore comme l’un des centres des arts plastiques dans le monde ? En quoi s’instruisent-ils d’une résidence où se croisent, se tressent des cultures ? Que leur apporte Paris ? Nous reviennent-ils remplis de nouveaux projets ? Ont-ils établi des liens avec d’autres artistes ? Montré leurs oeuvres dans des galeries ? On n’en sait rien ! Parce qu’il n’existe pas de trace visuelle, ni de publication susceptible d’informer le public sur le programme artistique des résidents marocains à la cité des arts. La seule chose que l’on sait d’eux, c’est qu’ils séjournent pendant six mois dans un appartement qui comprend un atelier, une chambre, une salle d’eau et une cuisine. On sait aussi que le Maroc dispose de 4 ateliers à la Cité des arts qui reçoivent, chaque année pour une durée de six mois, huit artistes. Jusqu’à ce jour, l’école des Beaux-Arts de Tétouan a produit le plus clair des éléments qui séjournent et travaillent dans cette cité. Le directeur de cette école fait justement partie de la commission qui évalue les dossiers de candidature.

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