La réplique de Tazi

Tout d’abord, c’est avec indignation que je m’élève contre les propos faux et insultants proférés par le vice-président de la CMPF à l’encontre de notre groupement lorsqu’il prétend que ce dernier a été initié par Souheil Ben Barka, alors qu’il sait pertinemment que la création de notre groupement n’est que le résultat naturel de nos divergences au sein de la CMPF, ainsi que les agissements contraires aux intérêts de notre profession de certains membres de ladite association.
Les divergences au sein de la CMPF mises à jour par une orientation qui ne répondait pas aux aspirations et attentes des réalisateurs-producteurs sont les véritables mobiles de la création de notre groupement, création qui a été faite autour d’une charte dont les objectifs et orientations sont décidés par l’ensemble des membres.
Ceci étant rappelé, je précise que les déclarations intempestives et malveillantes de M. Saâd Chraïbi me mettent malheureusement dans l’obligation, et à contre coeur, de replacer les faits dans leur véritable contexte.
Lors de notre rencontre du 14 février, initiée par notre groupement, nous avons expliqué clairement aux membres de la CMPF notre position quant à la fusion de nos deux entités et nous avons fait des propositions autour desquelles s’est dessinée une large adhésion des membres présents des deux parties, à savoir qu’il faut taire nos divergences, tenir compte de tout ce qui nous unit dans l’intérêt général de la profession, d’éviter les équivoques et faux-problèmes susceptibles d’entraver nos actions mutuelles, d’instaurer entre nous une concertation assidue. Or le comportement, notamment de M. Saâd Chraïbi, semble être en pleine contradiction avec son appel du 18 janvier 2003 où il est dit notamment : « Le temps de la confrontation est révolu, le temps des petits calculs est révolu, le temps de la division est révolu… Pour toutes ces raisons, un appel solennel, amical, confraternel est lancé à tous les cinéastes marocains, sans exception, à enterrer la hache… et fumer le calumet… autour d’une même table ».
Fumer le calumet n’est pas proférer des propos agressifs, malveillants et racistes sur notre ex. président. Neuf jours après cette déclaration, on lit dans La gazette du 27 janvier 2003 : «… Sa mère est française et ça ne fait que 4 ou 5 ans qu’il est au Maroc. Disons qu’il n’a pas encore acquis le degré de réceptivité nécessaire…»
Je constate, avec amertume, que ce que nous avons voulu éviter est très vite arrivé, et ce à cause de propos incontrôlés de M. Saâd Chraïbi. Je ne peux que déplorer cette situation négative et interpeller les membres du bureau de la CMPF à faire plus de réserve et à se montrer plus objectifs à l’égard de notre groupement qui est animé de bonne volonté et qui oeuvre, sans préjugés ni arrière-pensées, pour le rapprochement de nos deux entités dans le but de servir notre profession ainsi que les intérêts de notre secteur déjà secoué et mis à mal par mille et un problèmes de tout ordre. Encore une fois, précisons que nos problèmes au sein du GARP sont ceux de réalisateurs-producteurs enracinés dans leur contexte socio-économique, car avant tout et après tout nous sommes des auteurs-réalisateurs qui produisons nos propres films.
Alors de grâce, pas de surenchère gratuite, cessons de polémiquer et de proférer des accusations erronées et malveillantes. Il est temps de prendre conscience des réels problèmes de notre profession et de notre secteur et d’oeuvrer sincèrement et sainement pour le développement de notre production cinématographique et de notre cinéma national. Assez de propos démagogiques, porteurs de nébuleuses et troubles. A bon entendeur salut !

• Mohamed Abderrahman Tazi

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