La sculture pour tous

Des sculptures. D’imposantes oeuvres dépassant les deux mètres de hauteur. Des oeuvres qu’on peut voir librement. Des oeuvres qui jonchent des parcs publics. Voilà ce que réalise concrètement le Symposium international de sculpture. Il est à sa troisième édition.
Les villes d’El Jadida et de Tanger sont désormais dotées de magnifiques sculptures, dont certaines sont réalisées par des artistes de renom. Qu’on s’imagine un peu la chose. La promenade dans un parc est non seulement agrémentée, mais transformée par la présence de sculptures d’une taille imposante. L’art dans la rue, c’est cela le fin mot de l’histoire. Mais pas n’importe quel art. Un art difficile, résolument contemporain et qui peut constituer les premiers jalons pour sensibiliser un très large public à des oeuvres plastiques contemporaines. Les habitants d’El Jadida et de Tanger ont adopté les oeuvres laissées lors des précédentes éditions du Symposium international de sculpture. Ils prennent des photos à côté des oeuvres, sont fiers de les montrer aux visiteurs. Ils ont même donné à certaines des titres. Ces sculptures relèvent désormais du domaine public. Elles sont invendables et indéracinables. Après les villes d’El Jadida et de Tanger, c’est au tour de Fès d’avoir une espèce de musée de sculpture en plein air. Janan Sbil ne ressemblera plus à ce qu’il a été dans très peu de temps. Sept artistes taillent en ce moment des blocs de pierre et de marbre pour le doter de sculptures. Ils ont jusqu’au 18 mai 2002 pour les terminer. L’artiste Ikram Kabbaj est l’initiatrice de cette importante manifestation. Elle pratique la sculpture depuis de longues années. C’est l’une des rares femmes au Maroc qui dressent des ouvrages dans l’espace, taillés dans un bloc de pierre. Elle explique ainsi à ALM les raisons qui l’ont portée à l’organisation d’un Symposium international de sculpture au Maroc : « Plusieurs de mes confrères organisent des symposiums de sculpture un partout dans le monde. Le Maroc non ! Il en avait pourtant besoin.
L’organisation d’un symposium est la meilleure façon de promouvoir la sculpture, un art très peu connu dans notre pays ». Il est vrai que la sculpture est encore mal connue dans notre pays. C’est un art difficile, encore mal perçu en raison du fond d’idolâtrie qui porte un préjudice aux pierres levées, encore assimilées par certains esprits aux idoles de l’anté-islam. La sculpture est pourtant l’une des expressions majeures de la famille des arts plastiques. C’est un art qui est moins familier au public que la peinture, mais auquel il peut justement s’initier en regardant des sculpteurs à l’oeuvre, en discutant avec eux. En plus de Ikram Kabbaj, les artistes qui réalisent en ce moment des sculptures sont : Giorgie Cpajak (Yougoslavie), Karin Van Ommeren (Hollande), Anachar Basbous (Liban), Klaus Grobkopf (Allemagne), Raymond Jacquier (France) et Ghazi Aânna (Syrie). Le Yougoslave est très connu. Il a reçu plusieurs prix dans le monde. Ses sculptures sont présentes dans de nombreux pays occidentaux.
L’Allemand Klaus Grobkopf a un parcours académique. C’est le plus âgé des artistes (né en 1939). Parions qu’il laissera une oeuvre qui mêle rigueur académique et liberté artistique. La 3ème édition du Symposium International de Sculpture est réalisée en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication, soutenue par la communauté Urbaine de la ville de Fès, le Département de l’Environnement et le Service culturel de l’Ambassade de France à Rabat.
Cet événement change les espaces publics. Ces derniers n’en sont que plus imposants. Ils communiquent désormais une émotion esthétique.

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