La statue de la liberté de Ramallah

L’art se mêle souvent de la politique. Il arrive que son message ait plus d’impact que tous les discours. Lorsqu’une oeuvre s’introduit dans un conflit aussi sensible que celui qui divise les Palestiniens et les Israéliens, sa charge doit être à l’unisson des émotions qu’inspire une situation intolérable envers ceux qui l’endurent.
Un sculpteur palestinien n’a pas choisi de montrer les souffrances de son peuple, et encore moins de construire une statue au pathos exacerbé. Il a choisi de parodier, sur un plan satirique, l’un des symboles des USA. Il a sculpté une version miniaturisée de la statue de la liberté.
Cette statue est dotée d’une taille légèrement plus grande que celle de son auteur Nabil Anani. Elle est en tout conforme à sa soeur gigantesque. A un détail : le flambeau est renversé. Et c’est ainsi que cette torche censée représenter l’une des valeurs fondamentales des Américains est penchée vers le bas. Le sculpteur palestinien a choisi de dévoiler son oeuvre dans un endroit non moins symbolique.
A l’entrée du quartier général du dirigeant palestinien Yasser Arafat à Ramallah. Un quartier réduit en grande partie à l’état de ruines par les obus de l’armée israélienne. Personne ne trompe évidemment sur le sens de cette sculpture largement médiatisée, cette semaine, par plusieurs agences de presse. L’appui inconditionnel des USA à l’Etat israélien porte atteinte à l’un des symboles de ce pays. Il est contraire au bon sens et à la liberté de choisir son destin dont dispose chaque peuple. En Palestine, la statue de la liberté n’a pas lieu d’être. Elle est soit éteinte, soit cherchant à se cacher dans le sol.

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