La tête dans les étoiles

Aujourd’hui le Maroc : Au Maroc, il existe le Groupe Astronomie – Astrophysique, de quoi s’agit-il au juste ?
Najid Nourdine : Le GAA est une unité de travail qui fait partie du département de physique de la faculté des sciences d’Ain Chok. Le travail du Groupe qui compte deux chercheurs et plusieurs étudiants stagiaires se devise en deux volets : l’enseignement et la recherche en astronomie. Le Groupe qui existe depuis 4 ans bénéficie du soutien de l’Etat. C’est le ministère qui débloque chaque année des crédits de recherches qui varient selon les besoins.
Sur quoi portent les recherches que mène votre groupe ?
Les travaux de recherche que nous menons portent sur deux grands axes. Le premier concerne «la modélisation des calculs de potentiels engendrés par les corps célestes». Cela veut dire qu’on étudie le potentiel physique et chimique des corps célestes ainsi que leur comportement dans l’univers. D’autre part, on travaille beaucoup sur la stabilité du système solaire et l’âge de l’univers. Ce que l’on cherche en général est de savoir comment satelliser un corps dans l’espace. L’objectif étant de mieux situer le corps en question et comprendre sa physique.
Oui, mais où résident concrètement l’intérêt et l’utilité des études astronomiques ?
Vous savez, aujourd’hui le développement d’un pays se compte par le nombre d’astronautes qu’il a. L’astronomie même si on ne s’en rend pas compte, fait partie intégrante de notre quotidien. En outre, les études astronomiques interviennent dans différents domaines : les télécommunications, la météo ou encore le développement des logiciels informatiques. L’étude de l’astronomie est également utile pour la compréhension e certains phénomènes naturels, tels que le changement des saisons.
Vous travaillez avec d’autres centres de recherche ou avec des industriels ?
Nous travaillons régulièrement avec l’Union Internationale d’Astronomie. Aussi, nous avons des partenariats avec des laboratoires italiens. Depuis que le groupe existe, nous travaillons sur différents projets en commun. Malheureusement, il n’existe pas encore au Maroc une forte tradition de liens entre la recherche scientifique et l’industrie. Ceci-dit, les possibilités dans ce domaine sont énormes. Principalement dans les secteurs de Télécommunications et le développement des logiciels. Il y des choses qui se font. Mais il faut patienter. Je reste optimiste quant à l’évolution future d’une éventuelle collaboration avec le privé.
Peut-on dire que la recherche astronomique a la cote chez nous au Maroc ?
Je pense que oui. Les étudiants de la faculté des sciences se montrent très intéressés, bien qu’ils ignorent souvent le degré de difficulté de la matière. Depuis que notre groupe de recherche existe, les choses ne cessent d’évoluer. En 1984, il n’y avait pratiquement aucun ouvrage fait par des marocains à destination des étudiants en matière d’astronomie. Avec d’autres collègues, nous avons essayé de remédier à cette lacune, et avons publié trois ouvrages. C’est vrai, on n’écrit pas beaucoup, faute de temps. Ce n’est pas toujours facile de concilier enseignement et écriture.
dernière question, sur quoi vous travaillez-vous actuellement ?
Personnellement, je travaille depuis un bon moment sur le phénomène des trois corps. On peut résumer ce problème de la manière suivante : l’étude des corps spatiaux repose sur l’analyse des rapports de deux corps dans l’espace. Le problème se pose sérieusement lorsqu’on y ajoute un troisième. On maîtrise le système des rapports qui existent entre deux corps, mais par entre trois corps ! Ça fait trois siècles que cette question hante les astronomes du monde entier…

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