La tuberculose sévit toujours au Maroc

La tuberculose sévit toujours au Maroc

ALM : Une table ronde sur la tuberculose de l’enfant au Maghreb a eu lieu en avril dernier à Casablanca avec la participation de confrères maghrébins et vous êtes sorti avec des recommandations…
Afif My Saïd : Effectivement, lors du 27ème congrès maghrébin de pédiatrie qui s’est tenu à Casablanca du 13 au 15 avril 2006, une table ronde a été consacrée à la tuberculose au Maghreb et à laquelle ont participée des experts maghrébins en la matière. Les participants ont souligné la priorité que représente la «lutte antituberculeuse» dans les pays du Maghreb. Ils ont noté avec satisfaction que ces pays ont pratiquement atteint les objectifs fixés par l’OMS pour l’année 2005.
Les experts ont émis des recommandations qui seront transmises aux autorités de tutelle de chaque pays dans le sens de leur association aux comités techniques nationaux de «lutte antituberculeuse», de l’amélioration de la collaboration et la coordination entre les responsables locaux et les pédiatres. Le dépistage des «sujets-contacts» doit faire partie d’une stratégie nationale de plaidoyer-communication-mobilisation sociale.

Quel est le statut actuel de la tuberculose de l’enfant au Maroc et au Maghreb ?
La tuberculose est un problème majeur de santé publique au Maroc. Environ 26 000 nouveaux cas sont dépistés annuellement, soit une incidence de l’ordre de 87 nouveaux cas pour 100 000 habitants. La tuberculose de l’enfant représente environ 10 % des cas déclarés. Les taux sont plus élevés en Mauritanie et au Maroc, beaucoup plus bas en Tunisie et en Libye, l’Algérie se situant au voisinage de la moyenne des 5 pays.

Y-a-t-il une démarche univoque dans le diagnostic et le traitement de la «maladie tuberculeuse» de l’enfant au Maroc ?
Le diagnostic de la tuberculose demeure difficile chez l’enfant. Lorsque une tuberculose est suspectée, les examens complémentaires sont demandés pour permettre un diagnostic de certitude.
Les arguments de présomption sont l’existence d’un «contage tuberculeux», des signes cliniques (toux persistante, fièvre, amaigrissement), des données radiologiques et une intradermo-réaction à la tuberculine positive (>15 mm chez les enfants vaccinés par le BCG). La confirmation est obtenue par les examens bactériologiques et histologiques.

Avant d’envisager le traitement qui est long et coûteux, quelles sont les mesures de prévention et les moyens du contrôle mis en place par le ministère de la Santé ?
Les moyens mis en place par le ministère de la Santé pour la prévention de la tuberculose de l’enfant sont basés en plus du dépistage et le traitement des sources d’infection (principalement les adultes porteurs de tuberculose pulmonaire contagieuse) sur la vaccination par le BCG à la naissance, l’examen des «enfants contacts» et la chimioprophylaxie des enfants-contacts (en particulier les enfants de «mères tuberculeuses»).

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez dans votre pratique quotidienne une fois le diagnostic établi par rapport au dépistage familial, compte tenu du caractère contagieux donc dangereux pour la société ?
L’éducation sanitaire est une pierre angulaire de la «lutte antituberculeuse». Lors du congrès, ce point a été largement débattu par les experts maghrébins et tous soulignent la nécessité de l’implication de toutes les parties concernées, en l’occurrence le ministère de la Santé, le ministère de l’Enseignement, le ministère de l’Intérieur, les collectivités locales, les sociétés savantes, les médias et les ONGs.

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