La Vie économique en mutation

De ses origines de la région d’Errachidia, il a gardé deux choses essentielles: le teint basané caractéristique de la région et une grande modestie qui vous met tout de suite à l’aise en sa présence. Il fait partie de ces quadras qui ne vous « la jouent pas » comme on dit communément dans les milieux où l’artifice et la coquille tiennent lieu de sens.
Pourtant Assou Massou, quarante-trois ans et bon père de cinq enfants, a déjà beaucoup roulé sa bosse dans le journalisme, surtout économique. Avec une solide formation académique dans les domaines de l’économie et des finances : DESS en Banque et Finances à Paris V, Doctorat en Sciences économiques à Rennes, Ingénieur Informatique, le jeune homme pouvait postuler pour une foultitude de jobs dans les secteurs où il aurait certainement fait preuve de beaucoup de compétence, tellement il s’investit à fond dans tout ce qu’il fait et se passionne pour le travail au point de faire le vide complet autour de lui quand il est sur un dossier.
Il aurait même pu être cadre supérieur au Crédit agricole où il a passé un concours en 1986 et travaillé deux mois avant de désespérer devant la perspective peu valorisante du poste qui lui était offert et qui jurait avec la fougue et le perfectionnisme qui l’animaient. Il préféra alors retourner en France où il vit en somme depuis plus de vingt-deux ans, et de se consacrer au journalisme après une expérience dans l’enseignement, durant deux ans, en tant que professeur de gestion et de sciences économiques, puis comme ingénieur informaticien à DATAID, une société de services informatiques du groupe AT&T.
Le journalisme économique et financier pour Assou s’identifie d’abord avec un long parcours dans le Groupe Jeune Afrique où il a fait l’essentiel de sa carrière jusqu’en décembre dernier, lorsqu’il a quitté le titre avec le grade de Rédacteur en Chef, après avoir longtemps animé la Section « Vie des entreprises » et piloté des dossiers spéciaux. Il s’est notamment spécialisé dans la vie politique-économique de nombreux pays d’Afrique où il a ses entrées dans les sphères de décision les plus cloisonnés et où il compte de nombreux amis personnels. Il fait également autorité dans des secteurs tels la banque, les télécoms, les mines, l’agroalimentaire et les hydrocarbures. Son arrivée dans le groupe caractères qui édite « La Vie Economique » est due d’abord à une relation professionnelle assidue avec le principal actionnaire, Aziz Akhannouch. Les choses se sont précipitées récemment pour Assou qui s’est vu proposer une collaboration plus étroite et plus conséquente avec le groupe, dans lequel il est appelé à assumer de grandes et lourdes responsabilités.
Homme réservé de nature, même s’il dégage une chaleur et une bonhomie très naturelles, le futur responsable de la Vie Economique préfère réserver la primeur de ses projets de restructuration et ses interventions professionnelles à ses futurs collaborateurs et aux administrateurs du groupe. Mais, l’arrivée de ce grand professionnel et spécialiste de la presse magazine et de la presse économique en général devrait donner un nouveau souffle à l’hebdomadaire qui, selon les observateurs, souffre d’un « flou » sur sa vocation d’origine et sur sa ligne éditoriale. Il devra également redonner une nouvelle force professionnelle à cette publication en installant une distance créative et utile entre les actionnaires et la rédaction. Une nouvelle posture professionnelle porteuse de sens.

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