L’action culturelle espagnole au Maroc

Qu’en est-il de l’action culturelle de l’Espagne dans notre pays ? Elle a souffert un peu de l’ombre oppressante d’une autre ambassade, mais aujourd’hui, ses actions sont plus visibles et se distinguent surtout par leur qualité. L’action culturelle de coopération et d’éducation de l’Espagne au Maroc suppose un coût annuel de 400 millions de DH. Le plus clair de cet argent est absorbé par l’éducation. L’on sera très surpris d’apprendre dans ce sens que le Maroc est le pays du monde où l’Espagne maintient la plus grande présence éducative. Dix écoles concentrées majoritairement dans les villes du Nord.
Trois à Tétouan, deux à Tanger et les autres à Al Hoceima, Larache, Nador, Rabat et Casablanca. Cette présence en dit long sur l’intérêt que l’Espagne accorde à notre pays. Javier Munoz, conseiller d’éducation auprès de l’ambassade d’Espagne, explique cette densité par « l’histoire qui lie les deux pays». Et d’ajouter : «Nous sommes voisins depuis des siècles. Il nous est arrivé de nous disputer, mais nous avons aussi beaucoup de choses en commun.
La présence des écoles espagnoles souligne cette réalité». Le budget des activités des instituts Cervantes a atteint de son côté près de 56 millions de DH pour l’année 2002. Federico Arbos, directeur de l’Institut de Casablanca, nous dit qu’il «lutte pour que le budget qui est alloué au Cervantes de Casablanca soit augmenté». Cela ne l’empêche pas de maintenir la gratuité des entrées aux spectacles. «Nous avons beaucoup réfléchi à la question de la gratuité. Faut-il ou non imposer un prix symbolique ? Nous allons maintenir la gratuité de notre offre tant que la salle est chaque soir remplie de personnes», répond-t-il.
Cette offre comprend les arts plastiques, la musique, la littérature et le cinéma. Le Cervantes de Casablanca met dans ce sens la salle de théâtre à la disposition des étudiants de la faculté Ben Msik. Ils y répètent leurs représentations, y compris en arabe. Cela traduit cette volonté dont font preuve aussi bien l’Institut Cervantes de Casa que celui de Rabat, en matière d’échanges culturels. Dans le domaine des arts plastiques par exemple, ils initient trois sortes d’expositions : la première est réservée aux jeunes artistes marocains, la deuxième à des plasticiens ibériques et la troisième à des manifestations qui donnent à voir la rencontre des artistes des deux rives. Sylvie Belhassen, directrice de la Villa des Arts à Casablanca, confirme dans ce sens: «Il existe une grande volonté d’échanges culturels de la part des Espagnols, une vraie envie de connaître davantage les productions artistiques dans les deux pays. Pour la Villa des Arts, c’est absolument bénéfique.
Nous avons organisé en partenariat avec le service culturel espagnol cinq expositions en 3 ans et demi. Ce sont des partenaires merveilleux ». Le même constat sort de la bouche du poète hispanophone Larbi El Harti : « Le Cervantes fait un effort extraordinaire en ouvrant son espace aux partenaires marocains. Le dynamisme existe, la volonté des échanges culturels aussi. Ce qu’il faudrait pour que cette coopération soit florissante, c’est que les acteurs marocains se saisissent de cette ouverture pour proposer et construire des projets. » Des projets en commun, il en existe, comme cette manifestation d’arts plastiques si justement appelée Twassoul. Les oeuvres d’artistes marocains et espagnols ont été exposées sans de nombreuses villes.
C’est cette coopération-là qu’appelle de ses voeux Xabier Markiegi, directeur du Cervantes de Rabat : «Il existe des racines communes entre nos deux pays. La fraternité entre nos deux peuples n’est pas un vain mot. Il faut chercher à consolider les liens et à faire de nos différences un vecteur de richesse. C’est la mission qui m’est assignée. Et je n’en veux comme preuve que la définition de la coopération : opérer ensemble».

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