L’art fait son entrée dans les lycées

L’art fait son entrée dans les lycées

L’enseignement artistique a fait vendredi soir dernier l’objet d’une rencontre à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle.
Initiée par l’Association des lauréats de l’Isadac (Alisadac), cette rencontre a été marquée par la présentation d’un livre qui vient de paraître sous le titre « L’Essentiel dans la culture artistique». «Ce livre n’est pas un manuel para-scolaire », a tenu à préciser Mohcine Messaoud, co-auteur de cet ouvrage écrit à cinq mains. «Il répond à une volonté exprimée officiellement par le ministère de l’Education nationale d’introduire l’enseignement artistique dans nos écoles», ajoute cet enseignant à l’Isadac.
En effet, 2006 marquera le lancement, très attendu, de l’enseignement artistique dans l’école marocaine. Destiné aux lycéens, ayant pour tronc commun “Lettres et sciences humaines”, ce livre se présente comme un guide pour les enseignants qui seront chargés d’enseigner les matières artistiques dans les lycées.
De 256 pages, ce livre s’articule autour de trois parties. La première est consacrée à l’enseignement de la musique.
Dans cette partie, il a été d’abord question de définir le sens de la musique. Ainsi peut-on trouver, entre autres définitions, celle qu’avait donnée le célèbre écrivain français Jean-Jacques Rousseau : «La musique est l’art d’émouvoir tous ceux qui sont dotés d’intelligence et qui possèdent un don pour la symbiose et l’ordre dans leur vie».
Au-delà de cette question essentialiste : «c’est quoi la musique?», ajoutée à des explications sur le rôle et l’utilité de la musique, on peut trouver un aperçu historique sur l’évolution historique de cet «art qui adoucit les mœurs». Le volet «Arts plastiques», lui, occupe le plus grand espace dans ce livre. Ce volet s’étend sur plus de cent pages, ce qui a poussé un des intervenants à se demander pourquoi les arts plastiques se taillent la part du lion.
Très simplement parce que «nous sommes dans la culture par excellence du visuel», répond M. Massaoud.
Dans cette partie, le lecteur est invité à un voyage à travers le long parcours traversé par les arts plastiques, depuis la nuit des temps jusqu’aujourd’hui. Dans ce tour d’horizon, les arts plastiques marocains sont largement expliqués et illustrés. On peut redécouvrir, entre autres, les peintures à l’huile de Miloud Lebied, de l’acrylique avec Fouad Bellamine, et de l’art naïf avec la regrettée Chaïbia Talal.
La troisième et dernière partie, elle, s’intéresse au théâtre. Dans cette partie, place à un éclairage sur les différentes écoles de théâtre: classicisme et néo-classicisme, Shakespeare et le romantisme, le naturalisme et le réalisme, le surréalisme et l’expressionnisme, le symbolisme et l’épique, l’existentialisme et l’absurde. Bien sûr, ce livre n’est pas exhaustif. Mais il n’en reste pas moins qu’il apporte quelques notions nécessaires à l’apprentissage artistique. Plus encore, font valoir ses co-auteurs, il a pour rôle de vulgariser ces notions, « ce qui n’a pas été facile », reconnaissent-ils. Le problème maintenant : qui aura cette tâche ardue d’enseigner les matières artistiques ? «Cette tâche devrait être confiée à des spécialistes de l’art», plaide un intervenant.
«Eu égard à la spécificité de cette nouvelle matière, l’art ne devrait pas être enseigné comme on enseigne l’histoire-géo », martèle-t-on.
La question, en effet, est d’enseigner l’art de façon à le faire aimer aux lycéens.
Un chemin long à parcourir…

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *