L’art iranien : le défi de la modernité

L’art iranien : le défi de la modernité

Le voile est levé sur l’art contemporain iranien à Casablanca. C’est dans l’enceinte de la cathédrale du Sacré-Cœur située sur le boulevard Rachidi qu’un groupe d’artistes
iraniens exposent leurs œuvres. Invités par l’ambassade de l’Iran au Maroc et le ministère de la Culture, les artistes sont venus dévoiler leurs créations au public marocain. Samedi après-midi, l’espace de la cathédrale était quasi vide.  Seuls quelques artistes participants discutent entre eux et attendent impatiemment qu’une personne les aborde pour leur parler de leurs œuvres. «J’ai été agréablement surprise de découvrir un art iranien très moderne et qui n’a rien à voir avec ce que j’imaginais», déclare un visiteur curieux, âgé d’une vingtaine d’années.
Dans l’imaginaire collectif, la peinture iranienne est toujours associée à l’art islamique. On s’imagine donc à première vue que tous les artistes persans font dans l’enluminure, les miniatures et la calligraphie. Ce n’est pas le cas. Cette exposition vient renseigner sur l’aspect moderne et diversifié de la peinture iranienne.
«Ceux qui réalisent dans le temps actuel des miniatures sont très peu nombreux, ils sont généralement assez conservateurs», explique l’artiste Mehdi Hosseini.
Ce dernier fait partie des exposants et se distingue par une peinture influencée par les œuvres de Kasimir Malevitch. Ceux qui suivent le mouvement artistique dans le monde se rappellent que cet artiste avait émis une théorie sur la fin du tableau. Malevitch était arrivé à une certaine saturation au niveau des couleurs et avait réalisé un tableau des plus célèbres : «carré blanc sur fond blanc».
Des œuvres très conceptuelles à connotation graphique. Tout comme Malevitch cet artiste iranien travaille sur des formes géométriques où la rigueur est de mise.
Les œuvres de Hosseini ne sont pas les seules qui laissent ressentir cette dominance occidentale. «L’art iranien s’est inspiré des étapes les plus importantes dans la peinture occidentale et l’Occident s’est, de sa part, reposé sur plusieurs spécificités de l’art islamique et de l’Orient», ajoute la même source. L’Iran est plus avancé dans l’art contemporain que le Maroc. « La genèse de l’art contemporain iranien date du début du XIXème siècle et continue à se développer jusqu’à nos jours», explique un autre artiste. La situation de l’art contemporain iranien serait en bonne santé, à en croire Sedaghat Jabbari. Un musée d’Art contemporain, une  université des Beaux arts. Les infrastructures culturelles ne manquent pas en Iran.
«La télévision montre une image négative de notre pays, les gens croient que nous sommes trop conservateurs et que la modernité n’appartient qu’à l’Occident», déclare une artiste-peintre venue accompagner le groupe des exposants. Une façon de clamer cette universalité de l’art contemporain et la diversité du langage plastique iranien où l’art vidéo n’est pas en reste.

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