Latefa Ahrarre : «Réduire la distance avec le spectateur»

Latefa Ahrarre : «Réduire la distance avec le spectateur»

ALM : Vous venez d’achever une tournée en France. Comment évaluez-vous cette tournée?
Latefa Ahrarre : C’est une tournée réussie qui s’inscrit dans le cadre du partenariat entre le «Théâtre des amis», dont je fais partie, et la compagnie du Jour. Cette collaboration Maroc-France s’est étendue à un autre genre de partenariat dont les principaux collaborateurs sont les ministères de la Culture des deux pays, la Fondation Hassan II des Marocains résidant à l’étranger, le Théâtre Mohammed V et le service français de la coopération culturelle. Durant la tournée qui s’est déroulée à Grenoble et Saint-Martin-d’Héres , nous avons joué deux pièces , «Douleur sous clé» destinée au théâtre à domicile et «L’honneur de la guerre» que nous avons présenté dans des salles de théâtre. Pour les présentations à domicile, nous avons eu la chance de recevoir des gens de plusieurs nationalités en l’occurrence française, kurde et turque. Ce fut une occasion d’échange artistique et culturel entre les artistes et les spectateurs.
Parallèlement aux présentations, des ateliers de formation ont été dédiés aux personnes issues de l’immigration et retraités maghrébins résidant dans des foyers. Nous avons tenu à les accompagner, leur faire oublier leur solitude et vivre avec eux un moment d’échange.

Se produire à domicile est un rêve qui vous a longtemps séduite. Quel est l’apport de ce genre de prestation ?
Notre souci est de créer la proximité entre l’acteur et le spectateur. L’apport étant de briser cette distance, d’impliquer les spectateurs dans les préparatifs et le déroulement d’une pièce ainsi que de sensibiliser les gens à un autre profil de la culture, celui d’ «un acte quotidien». Il faut dire que ces prestations attirent un nouveau public. En France, les gens, chez qui nous avons présenté notre pièce, sont venus nous voir dans des théâtres. Pareillement, lors de notre passage à Saint-Martin-d’Héres, les élus de cette région nous ont félicités pour cette initiative. Cela a permis de renforcer leur politique culturelle et de cibler une nouvelle catégorie de personnes à savoir les Maghrébins du troisième âge et les autres nationalités.

Comptez-vous tenter cette expérience au Maroc ?
Nous préparons prochainement une tournée des deux pièces au Maroc. «L’honneur à la guerre» sera produite par le théâtre Mohammed V ainsi que «Douleur sous clé» qui sera représentée dans les oasis en partenariat avec l’Agence du développement des provinces du Sud. À signaler que nous avons déjà présenté cette pièce à deux reprises chez des personnes que nous connaissons.

Quels sont les obstacles qui entravent le déroulement de cette initiative ? Et combien est estimé le coût des représentations ?
Concernant les obstacles, les gens n’arrivent pas à concevoir que le théâtre peut être commandé à domicile comme tout autre produit consommable. Notre but est de divertir les gens mais surtout d’être proches des personnes aux besoins spécifiques et des vieux gens pour leur servir un produit culturel passionnant. Le théâtre n’est pas lié intimement à un lieu précis, les endroits non conventionnels peuvent également être un espace de création. Quant au coût, si nous nous présentons chez des particuliers ayant les moyens pour payer, Ils contribuent. Sinon, ce sont d’autres instances locales, comme l’Agence du développement des provinces du sud qui financent les spectacles.

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