Latefa Ahrrare : la possédée des planches

Latefa Ahrrare : la possédée des planches

ALM : Vous jouez dans la pièce « Jour et nuit» de Bousselham Daif qui sera présentée le29, 30 et 31 mars au théâtre Mohamed V à Rabat. D’où vous est venu l’idée initiale de monter sur une scène de théâtre ?
Latefa Ahrrare : En fait, j’ai fait mes débuts à la télévision. C’était précisément en 1990 lorsque j’ai interprété un rôle dans le feuilleton marocain « Bent El Fchouch ». À l’époque je n’étais pas connue. À ce moment même, j’ai décidé de faire carrière au théâtre pour être une véritable comédienne. J’étais consciente du fait que le théâtre et le cinéma sont une science qu’il faut maîtriser et qu’il ne faut pas faire du bricolage. C’est ainsi que j’ai intégré l’Institut supérieur des arts dramatiques et d’animation culturelle en 1992.

Quelle spécialité avez-vous choisie à l’ISADAC et quelle a été la suite de votre parcours ?
J’ai obtenu en 1995 mon diplôme de comédien-metteur en scène à l’ISADAC. Par la suite, je me suis rendue dans plusieurs pays étrangers où j’ai effectué des stages. J’ai fais des stages en Hollande, en Belgique et en Espagne. J’aimerais souligner que j’ai joué dans la pièce « La comedia del Arte » du metteur en scène Carlo Damasco.  Parmi les autres pièces importantes dans lesquelles j’ai joué, je cite « Les caprices de Marianne » de Thomas le Touareg qui a été produite par la troupe le puzzle de France et le théâtre National Mohamed V.

Quels-sont les plus grands dramaturges marocains avec lesquels vous avez travaillé ?
Pour ce qui est des metteurs en scène marocains, j’ai travaillé avec le dramaturge Tayeb Seddiki. J’ai aussi failli jouer en 1997 dans la pièce de Nabil Lahlou intitulée : «Les tortues». J’ai répété la pièce pendant deux jours, mais par la suite je n’ai pas continué. Je pourrais citer d’autres pièces comme « L’oiseau de Lune ». Cette dernière mise en scène par Pierre Boursceiller a été présentée en France en 1999 dans le cadre de l’Année du Maroc en France. Je tiens à préciser que « L’oiseau de Lune » a été écrite par huit écrivains marocains dont parmi eux Mohamed Choukri, Mohamed Berrada, ainsi que Fouad Sebti. Cette même pièce s’est déplacée au Maroc et a fait le tour de plusieurs ville. J’ai également joué dans la pièce «Jrada malha » de Salima Benmoumen et pour laquelle j’ai obtenu le prix de la meilleure comédienne lors du Festival national du théâtre à Meknès en 2003.

On vous voit rarement dans les films marocains. Est-ce un choix personnel ou y a t-il une autre raison ?
Cela est vrai que je suis beaucoup plus présente dans le théâtre, mais n’empêche que j’ai joué dans quelques films marocains. J’ai interprété un petit rôle dans le long-métrage«Femmes et Femmes» de  Saâd Chraibi. J’ai aussi joué dans le film Mona Saber de Nourredine Lakhmari pour lequel j’ai obtenu plusieurs prix dont celui du meilleur second rôle féminin en Alexandrie. J’ai également joué dans le film « Jawhara, fille de prison » du réalisateur Saâd Chraibi. Je n’ai pas de préférence pour un domaine artistique précis, et si je ne participe pas beaucoup dans les films marocains ce n’est pas une position personnelle. Je suis quelqu’un qui se donne entièrement dans tous les secteurs artistiques.

Mise à part l’interprétation, vous êtes aussi metteur en scène. Quelles sont les pièces que vous avez réalisées ?
Pour l’instant je compte à mon actif deux réalisations. J’ai mis en scène en 2003 la pièce « Iphigénia Auss Paurs» qui a été coproduite par le Théâtre des amis et le Goethe Institut de Rabat. J’ai aussi travaillé dans la mise en scène de la pièce «Parle-moi comme la pluie » que j’ai présentée pendant ma dernière année à l’ISADAC en tant que mémoire de fin d’études. Cette pièce que j’ai mise en scène est un montage à partir de plusieurs courtes nouvelles de Tennessee Williams qui composent l’œuvre « Parle moi comme la pluie » de ce metteur en scène américain. Dans l’œuvre de Tenessee Williams, le temps est une préoccupation constante, il traque ses personnages et moi de ma part, j’ai voulu dévoiler un poème onirique sur deux êtres en quête d’identité et surtout d’amour.

Vous avez parlez de co-production. Que pensez-vous de l’impact de la co-production dans le théâtre ?
Je pense personnellement que le théâtre permet de partager des expériences avec les comédiens étrangers. C’était le cas par exemple dans la pièce « Iphigénia auss Paurs » qui a été réalisée en partenariat avec l’Institut Goethe de Rabat. Cela permet de toucher à d’autres genres théâtraux et de découvrir des styles d’ailleurs. Ceci tout en sachant que l’essence même du théâtre c’est le partenariat, cela donne de la richesse à la pièce. Etant donné que le théâtre est un travail d’équipe, la diversité des comédiens se reflète sur l’œuvre et c’est très enrichissant.  Un autre élément qui est important c’est l’acquisition de moyens financiers et physiques aussi. La co-production permet de pallier les difficultés financières qui peuvent empêcher d’obtenir une très bonne qualité au niveau scénographique et sur tous les plans.

Quels sont vos projets dans le futur proche ?
Actuellement, je travaille dans ma pièce « Madame la capitaine » produite par le Théâtre des amis. C’est une pièce entièrement en berbère. Une seule comédienne entre en scène. C’est un monologue où il y a du comique, du tragique et du drame. C’est l’histoire d’une femme dont le mari part en guerre, elle restera dans l’attente de son retour. Son mari succombera à ses blessures pendant le combat et ce sera un vrai choc pour cette femme.

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