L’avenir de Canal+

Qu’en est-il de l’avenir de la chaîne de télévision payante Canal+ France (4,6 millions d’abonnés) au sein du groupe de médias Vivendi Universal ? Après le rachat des activités audiovisuelles de «USA Networks» et les problèmes de rentabilité de la chaîne, des rumeurs circulent. Les quotidiens «Le Parisien» et «Libération» parlent d’une éventuelle vente au groupe Lagardère, hypothèse démentie par le P-DG de Vivendi, Jean-Marie Messier. Selon «Le Parisien», les changements dans le capital de Canal+ pourraient être imposés par le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Ce dernier veille à ce que le groupe respecte l’interdiction qui est faite à une entreprise non-membre de l’Union Européenne de détenir plus de 20% d’une chaîne hertzienne. Or «Liberty Media», groupe Américain, est devenu le premier actionnaire institutionnel de Vivendi Universal en décembre. Une question sur laquelle le Conseil d’Etat doit statuer. Le quotidien «Libération», quant à lui, souligne que le fondateur de Canal+, André Rousselet, pourrait être intéressé par une reprise de la chaîne cryptée.
Toujours dans la même lignée, il semblerait que Michel Denisot, directeur général et Alexandre Dubrigny, directeur des programmes de Canal+, soient bientôt destitués de leurs fonctions. Pour les analystes financiers qui ont établi une estimation de la chaîne qui s’élève de 1,2 milliard à 2,8 milliards d’euros, si la réalité prend le pas sur la rumeur, alors la stratégie globale de Vivendi serait remise en cause. Tout cela serait lié à la stratégie de M. Messier qui encourage la «diversité culturelle» française plutôt que «l’exception culturelle». En outre le P-DG de Vivendi veut renégocier à la baisse les engagements financiers de Canal+ vis-à-vis du cinéma français : 20% du chiffre d’affaires annuel, dont 9% dans les seuls films français. Par ailleurs, M. Messier a indiqué mardi que son groupe était sur le point de racheter pour 480 millions de dollars une participation dans la télévision italienne «Stream», participation jusqu’ici détenue par News Corp. D’après des opérateurs, si cette opération n’est pas une surprise, elle conforte néanmoins l’opinion des gérants les plus prudents. Enfin, certains investisseurs semblent en effet ne plus comprendre la stratégie boulimique des acquisitions de Jean-Marie Messier, ces derniers mois.

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