Le Blues du cinéma Français en Europe

En présentant ces résultats, Margaret Menegoz, présidente d’Unifrance, l’organisme chargé de la promotion du cinéma français à l’étranger, a souligné que les films français avaient souffert de la baisse globale de la fréquentation sur les grands marchés européens, qui varie de 8 à 15% selon les pays. Productrice des « Contes » d’Eric Rohmer, de « La saison des hommes » de la Tunisienne Moufida Tlatli, distributrice de « Dogville » de Lars Von Trier, Margaret Menegoz, qui dirige la société Les Films du Losange, a succédé à Daniel Toscan du Plantier, disparu en février dernier. Sur les onze premiers mois, le cinéma français à l’étranger cumule 37 millions d’entrées pour un box office de 205 M EUR, ce qui permet d’anticiper sur l’ensemble de 2003 aux alentours de 48 millions d’entrées, pour environ 240M EUR, selon Unifrance. En 2001, la fabuleuse année d’Amélie Poulain, le cinéma français avait attiré 61,5 millions d’entrées et en 2002, 55 millions. Malgré le recul, 2003 restera l’une des meilleures années de la décennie, a cependant déclaré Patrick Lamassoure, délégué général adjoint. Les évolutions sont très contrastées d’un pays à l’autre, avec -48% en Allemagne, -54% en Italie, -20% en Espagne, -11% en Belgique et -48% en Suisse. Cette baisse est partiellement compensée par de bons résultats au Japon (+113%) et en Russie (+20%), la stabilité du marché américain et « un rattrapage » au Royaume Uni (+166%). Unifrance attribue le recul du cinéma français à la diminution de « titres porteurs » pour le jeune public. La carrière des films dépend de « leur rencontre avec l’air du temps », dit Margaret Menegoz. L’an dernier, on comptait 29 titres à plus d’1M d’EUR de recettes internationales pour un total de 222 M EUR, contre 22 en 2003 pour un total de 186M. Trois films français de langue anglaise figurent dans le top five : « Le Pianiste » de Roman Polanski (N°1), « Swimming pool » de François Ozon (N°3) et « Le Transporteur » (N°5) de Louis Leterrier, les deux autres sont « Taxi 3 » et « Le Peuple migrateur ». Margaret Menegoz a aussi expliqué le recul du cinéma français en soulignant que « toutes les télévisions sont malades. Quand la télé n’achète plus, c’est un filet de sécurité qui disparait pour un distributeur de films ».

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