Le bluff du soutien à l’édition

On peut penser en raison des intentions louables qui fondent l’octroi de cette subvention qu’elle dope l’industrie du livre dans notre pays. Rien de tel, parce que cette aide concerne seulement une trentaine d’ouvrages écrits ou traduits en arabe. Plusieurs de ces ouvrages ne concourent pas, de surcroît, à instruire la pensée.
La somme versée par la Commission nommée par le ministère de la Culture correspond à 50 % du prix de l’imprimerie. Les auteurs aspirant à cette aide doivent porter la nationalité marocaine. La procédure pour l’obtention de cette subvention doit être allégée. Les formalités administratives sont lourdes, et le temps mis entre le dépôt des dossiers et leur traitement s’étend sur plusieurs mois. Le soutien à l’édition existe depuis 1999, et le hasard veut qu’il coïncide avec une l’une des plus graves crises du livre.
Pourtant, les actions de fond de ce type méritent notre attention. Le livre, tel qu’il est présenté à la devanture d’une librairie, n’est que la face enrubannée d’un travail de longue haleine. En fait, il obéit aux mêmes exigences que n’importe quel produit industriel.
L’industrie du livre est une réalité. C’est une industrie qui coûte de plus en plus cher. Le coût de la fabrication d’un livre se lit sur le dos de sa couverture. Il est brûlant. Il peut devenir carrément dissuasif. Un livre qui ne se vend pas porte préjudice à des auteurs de livres. Ces derniers peinent à trouver un éditeur, parce qu’il est lui-même ligoté par l’obligation du retour de son investissement. C’est pour cela que les subventions de l’Etat visent à soutenir l’édition sont doublement salutaires. D’une part, parce qu’elles dopent l’industrie du livre, et, d’autre part, parce qu’elles contribuent à la baisse du prix de vente. Mais pour cela, il faut que la commission chargée de l’attribution de ces subventions place comme critère de sélection la qualité et rien d’autre.

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