Le boss du «Daily Telegraph» pris la main dans la caisse

Le magnat de la presse en langue anglaise, Conrad Black, pourrait être contraint de vendre son empire en tout ou en partie. Pris dans un scandale financier, il a annoncé hier qu’il quitterait vendredi la direction de son groupe, Hollinger International, et qu’il a confié à la banque Lazard le soin de démarcher d’éventuels acquéreurs. A la suite d’une enquête indépendante diligentée par ses actionnaires, il a admis avoir touché, avec ses principaux lieutenants, 32 millions de dollars (27 millions d’euros) d’émoluments sans autorisation. Conrad Black est le propriétaire, entre autres, du Jerusalem Post en Israël et du Chicago Sun-Times aux Etats-Unis. Mais c’est en Grande-Bretagne qu’il a investi l’essentiel de sa fortune. Il possède le premier quotidien grand format du Royaume (par opposition aux tabloïds), le Daily Telegraph qui diffuse à près d’un million d’exemplaires, ainsi que le magazine de la droite intellectuelle, le Spectator. En 2001, il a renoncé à sa nationalité canadienne pour entrer à la chambre haute du Parlement britannique, où il siège sur les bancs conservateurs. Ses journaux ont tous en commun de refléter ses opinions très nettement marquées à droite. Lord Black de Crossharbour ne cache pas son admiration pour William Randolph Hearst, l’ancien magnat tout-puissant de la presse américaine qui a inspiré à Orson Welles le personnage de Citizen Kane. «Hearst a eu la certitude souvent monstrueuse, mais parfois magnifique, que les règles s’appliquent aux autres et non à lui», a-t-il déclaré un jour. Et, comme son modèle, le «citoyen Black» semble, lui-aussi, avoir pris quelques libertés avec les conventions.

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