Le court-métrage a le vent en poupe

Le court-métrage a le vent en poupe

Prévue du 11 au 16 septembre 2006, la quatrième édition du Festival du court-métrage méditerranéen se déroulera à Tanger. L’occasion de revenir sur un phénomène qui prend de plus en plus d’ampleur au Maroc. Le nombre de courts-métrages produits ne cesse d’augmenter au fil des ans. Selon Mohamed Bakrim, chef de la division de la promotion et de la coopération au Centre cinématographique marocain, « on assiste à la réalisation de deux courts-métrages par semaine ». Concernant l’année 2005-2006, près de 80 courts-métrages ont vu le jour. « Le seuil de 100 sera facilement atteint », ajoute ce responsable. Selon plusieurs observateurs, ces chiffres témoignent de la dynamique que connaît ce genre cinématographique au Maroc.
Pour d’autres, cette dynamique est à mettre à l’actif de l’obligation faite aux réalisateurs de s’y mettre pour intégrer la corporation des cinéastes. « Durant les années 90, l’ancien directeur du Centre cinématographique marocain, Souhail Benbarka, avait imposé la réalisation de trois courts-métrages pour recevoir la carte professionnelle»,  souligne le critique de cinéma Moulay Driss Jaïdi.
Selon lui, cette obligation a créé une dynamique, mais elle a, par ailleurs, favorisé une certaine médiocrité. Aussi dénonce-t-il l’absence de créativité dans les courts-métrages. Pour lui, « l’abondance des productions n’a pas induit la qualité » puisque « l’idée qui avait sous-tendu la décision de l’ex-patron du CCM et qu’il fallait tourner le maximum de films dans l’espoir de voir se réaliser quelques productions de bonne qualité». Certains cinéastes ne partagent pas ce point de vue. Pour Nourredine Lakhmari, « le court-métrage ne doit pas être vu comme une simple passerelle pour accéder à la réalisation de longs-métrages, mais il doit être considéré comme un genre en soi». Ceci d’autant plus que selon ce cinéaste, les courts-métrages mobilisent le plus souvent les mêmes moyens financiers et humains. `
Pour information, la production d’un court-métrage au Maroc peut osciller entre 30.000 DH et 100.000 DH. «Cela dépend des exigences du réalisateur», confie le cinéaste Mohamed Mouftakir qui affirme que son premier court-métrage, « L’ombre de la mort », réalisé en 2003, lui a coûté la bagatelle de 320.000 DH. « J’ai reçu une avance sur recettes de 260.000 DH et je devais compléter le reste de la somme ».
Pour la production des courts-métrages, le recours au financement étranger s’avère parfois très compliqué. « Etant donné que ce genre est considéré comme expérimental, c’est rare qu’un réalisateur obtienne une aide étrangère pour la réalisation d’un court-métrage », explique M. Mouftakir.
Le Fonds d’aide au soutien cinématographique octroie des avances aussi bien pour le long-métrage que pour le court-métrage. Le budget le plus élevé que cette instance du CCM a octroyé à un court-métrage s’élève à 350.000 DH. Mais  malgré le nombre impressionnant de courts-métrages réalisés, très peu sont présentés à la commission du Fonds d’aide. Lors de la session 2001, neuf projets avaient été soumis à celle-ci, mais aucun n’a été retenu. Lors de la réunion du 7 juin dernier, cette commission a octroyé son aide à un seul court-métrage. Il s’agit de «Liberté provisoire » de Naoufel Berraoui. « Il n’y a pas beaucoup de projets de courts-métrages qui sont soumis à la commission de soutien», souligne Mohamed Bakrim qui impute cela au fait que beaucoup de réalisateurs s’autofinancent.

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