Le dernier Malek contre le piratage

Le dernier Malek contre le piratage

Il existe des qualités certaines dans le dernier album de Malek. Le soin mis dans la fabrication du CD par exemple. À l’intérieur du coffret, un livret met sous les yeux des auditeurs les textes des dix chansons de l’album. La première chanson “Lili Touil“ des frères Megri trouvera bien des oreilles attentives et nostalgiques. Elle a été interprétée dans le respect de la version originale, mais avec une plus grande densité orchestrale. Cette densité fait défaut à de nombreuses chansons de l’album. La mélodie repose rarement sur une instrumentalisation riche. Il ne s’agit pas de reprocher aux chansons qui reposent sur une guitare leur indigence. Brassens enflamme l’atmosphère avec un texte, une voix et un à deux instruments. Mais il manque parfois aux textes de Malek l’envolée capable de leur faire atteindre des sphères qui convainquent de son art, cette mystérieuse vertu qui incite à réécouter des chansons sans s’en lasser. Nombre de ses morceaux participent du genre dit chanson à texte. Ce genre tient sa force de la poésie ou de la teneur engagée des propos d’un auteur. La composition n’est pas à négliger non plus. Les chansons interprétées par Malek s’inscrivent dans la lignée romantique. Il y parle du “grand pays des larmes“, des “jours de tempête“ et du “vent de l’espoir finira par souffler“. Les avis peuvent diverger sur le sujet, mais les paroles de Malek n’égalent pas ce qui se fait de meilleur dans la chanson à texte. Au demeurant, ce n’est pas dans ce genre qu’il faut chercher le meilleur dans son dernier album. L’une des meilleures chansons ne se prend pas au sérieux. Intitulée “Il paraît“, elle est accompagnée au préalable par un instrument à percussions, avant qu’une guitare n’emboîte le pas au reste. La voix chaude, savoureuse et pleine de Malek entraîne l’auditeur vers des rivages qui se déhanchent, tout en insufflant de la joie dans l’atmosphère. Au reste, Sur dix chansons, deux seulement sont interprétées en arabe. Les autres peuvent s’écouter dans de nombreux espaces francophones du globe, sans que rien n’indique leur attache avec le Maroc. Interrogé sur le fait d’avoir sorti cet album d’abord au Maroc, Malek répond qu’il existe des “raisons affectives“ à cela, avant de montrer du doigt le piratage. “Le piratage est la grande plaie de la chanson ici! Il finira par la tuer, si on ne fait rien pour le contrer. Pour éviter que mon disque ne soit piraté, j’ai préféré le sortir d’abord au Maroc, parce que mon éditeur marocain saura le défendre“, dit-il. Il est vrai qu’en commercialisant l’album à 25 DH, l’éditeur laisse une petite marge au marché informel du piratage. Ne serait-ce que pour le courage d’avoir mis sur le marché marocain un album, Malek mérite d’être salué.

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