Le design industriel en bonnes mains

Dans le domaine du design industriel, la tâche du designer est intimement liée à celle des industriels. Le tandem designer/ fabricant est indissociable lorsqu’on parle de design industriel. L’esthétique intervient, certes, activement dans la conception des objets, mais il ne faut pas oublier qu’ils ont été conçus à seule fin d’être fonctionnels, et que leur fonctionnalité dépend de la compétence technique des entreprises industrielles qui vont les fabriquer. Le travail en équipe du designer et des industriels est une réalité qu’il faut mettre en évidence. D’autant plus que ce sont des entreprises marocaines à caractère industriel qui ont fabriqué toutes les pièces que Laetitia Lévy expose aujourd’hui à Paris. Pour leur réalisation industrielle, Laetitia Lévy a donc choisi de confier ses dessins à des fabricants marocains. L’accord est au demeurant parfait entre la designer qui crée des formes et les fabricants qui donnent corps à ces formes. En atteste la liberté que la designer prend en créant un même modèle pour plusieurs matières. Chaque objet a ses avatars. Le Curflor, un vase filiforme, existe en aluminium, en bronze, en plexiglas et en céramique. Le passage d’une matière à une autre modifie complètement son apparence. Or chacune de ces matières nécessite un traitement spécifique, ce qui ajoute à la difficulté de matérialiser les dessins en formes palpables. Laetitia Lévy est une designer généraliste. Elle crée des cendriers, des bougeoirs, des supports de bouteille, des présentoirs de livres, des sacs en cuir, des cartables, des porte-serviettes, etc. Ces objets se caractérisent par leur grande maniabilité. Ils sont légers et leur utilisation est aisée. Ils présentent des lignes épurées et simples. L’économie dans l’utilisation de la matière les caractérise tous. Dans la Bibliothèque de France, un espace résolument voué aux livres, des objets en diverses matières et différemment colorés ont été disposés. Leurs petites tailles en fait des hôtes discrets et très peu importuns. Ces pièces ont pourtant du caractère. Elles battent en brèche l’anonymat et la standardisation des objets appelés à un usage quotidien. Chaque création de Laetitia Lévy a un état civil, puisqu’en plus de sa forme inédite, elle porte un nom qui la singularise.

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *