Le Festival Rawafid Azawane illumine la ville de Laâyoune

Le Festival Rawafid Azawane illumine la ville de Laâyoune

Un moment fort de la rentrée culturelle et artistique de Laâyoune : le Festival international Rawafid Azawane dans sa 2ème édition tenue du 14 au 17 novembre 2008. «Azawane», en hassani, signifie rythme, tempo, cadence ou harmonie. Le Festival fusionne pendant 4 jours des expressions culturelles et artistiques locales, nationales et internationales. Lumières du désert et rythmes du monde. Authenticité et Ouverture.  Avec des artistes de 16 nationalités, le Festival a déployé ses mélopées, rythmes et accords sur les podiums géants de  la Place El Mechouar, la Place Oum Essaad et El Merssa. L’oasis de Lemsyed à l’est de Laayoune, a abrité dans un cadre fabuleux de la «Khaïma de la poésie» les envolées et joutes poétiques des virtuoses du verbe hassani. 
Les chants et musiques retentissent encore à Laâyoune : des orchestres hassani de Laâyoune à Saber Rubai ; de Hoba Hoba Spirit à Ahwaach Aït Baamrane en passant par la vedette mauritanienne Mahfoud Ould Babajeddou et des troupes des Iles Canaries, d’Espagne, d’Italie,…
Soirée du 14 novembre. Un feu d’artifices grandiose sur la Place du Mechouar pour lancer le 2ème Rawfid Azawan. Le ciel de Laâyoune et Sakia El Hamra éclairé par des lumières rouges et vertes qui lui vont si bien. A l’éclat du ciel répond la façade illuminée et pavoisée du Palais des Congrès. Laâyoune, un joyau urbain  éblouissant dans un écrin de dunes. Laâyoune la nuit. Ses fameux candélabres à lumière orange qui éclairent, a giorno, l’ocre des murs et des façades.  Un chromatisme rare et précieux. Une ville ocre et rouge comme sa sœur du nord, Marrakech.
Plus de 30 000 spectateurs chaque soir. Les jeunes mettent leurs plus beaux atours et se dirigent en masse pour vibrer aux sons du rythme local et de la world music. Laâyoune pleinement connectée à l’activité culturelle et artistique du pays. Tout ce qui se fait de bien dans le domaine  des arts et de la culture vient à elle. La ville est attractive. Difficile de résister à son charme. Après avoir goûté, tout le monde y revient. On parle  de l’appel du désert comme on parle de l’appel de la mer. De cette magie irrésistible, JMG le Clézio en est l’illustre témoin. Le retour est incontournable. L’appel des dunes, de la sérénité et de la quiétude. Après les spectacles, des pères en « deraâ » bleus et des mamans, enveloppées dans de sublimes « mlehfa », préfèrent rentrer à pieds accompagnés de leurs filles et garçons chantonnant. Quiétude et paix. Un flash. Tard dans la soirée, de retour d’un concert de la Place du Mechouar. Une balade nocturne dans les artères de la ville. Le vent frais du désert. Soudain des notes de guitare cristallines, à la mode sahraouie, tintent et crépitent dans la nuit. Ce chant hassani langoureux  et nonchalant qui se substitue au silence nocturne.
Une guitare électrique aux sonorités récupérées et réappropriées par les jeunes Sahraouis. Et ces verres de thé, devenus instrument de percussion, sur un plateau en argent. Une rythmique minérale et métallique fascinante. Ces sublimes accords viennent d’une fête de mariage. Au détour d’une rue, devant le lieu de la fête, des dromadaires blancs en  offrande. Un nouveau couple se constitue à Laâyoune. Quiétude et prospérité. Signe des temps. Au même moment et plus loin, dans d’autres artères, les cafés sont encore bondées.
Les embouteillages, les klaxons, les agents de circulation qui s’égosillent à force de siffler, les  taxis rouge et blanc qui chargent et déchargent  sans cesse, les étals qui croulent sous les fruits de la plaine du Souss, les fameux snacks à la marocaine et les laiteries qui offrent leurs raîbis et  leurs sandwiches au «fromage rouge», les files devant les vendeurs de grains de tournesol et de cacahuètes,…  Bref la normalité dans tout ce qu’elle a de rassurant.
Adossés à des idées fortes, les événements arts et culture dans la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra rencontrent une forte adhésion populaire : «Le Salon international du dromadaire»  «Le Festival international de magie» «Les nuits musicales de Tarfaya», «Le Festival international du film»… Les fêtes sportives aussi. 
Le «semi-marathon international de Laâyoune »; «Laâyoune foot», et même un tournoi national de break dance, avec des équipes de Rabat, Fès, Casablanca,…  Le «Salon international  du dromadaire ». Symbole et fierté de la culture sahraouie. Le dromadaire occupant une place centrale  dans la vie sociale des populations. Animal singulier, emblème des provinces du Sud, synonyme de prospérité, d’hospitalité et de persévérance. L’idée d’organiser le  Salon international du dromadaire de Laâyoune a germé lors du 1er Festival international Rawafid Azawane 2007, où fut programmé la plus grande course de dromadaires dans le monde. Le record du monde de participation fut battu avec la participation de 468 méharistes.
Le nouveau hypo-camélodrome flambant neuf de Laâyoune attend de pied ferme les participants pour le Salon de mars 2009. Les manifestations valorisent le patrimoine culturel articulé autour du dromadaire : joutes poétiques, concerts de musique, expositions d’arts plastiques, tables rondes et conférences,…  Le programme comporte également un volet scientifique relatif aux camélidés.  Le 2ème Festival international de magie. Prestidigitateurs marocains, français, britanniques, hongrois, italiens et autres  sous la houlette de Baby Dahan, le Marrakchi de cœur qui adore Laâyoune. Les spectacles se déplacent également à Boucraâ, Boujdour et Tarfaya. A 100 km au nord de Laâyoune et au bord des eaux poissonneuses de l’Atlantique,  Tarfaya ou Cap Juby, autre cité de la région de Laâyoune-Boujdour-Sakia El Hamra, qui a accueillir cette année la 2ème édition de ses «Nuits Musicales». La première édition, en octobre 2007, a célébré le 80e anniversaire du début du séjour d’Antoine de Saint-Exupéry dans cette ville. Il y est resté près de 2 ans à partir du 19 octobre 1927. Il accueillait et assistait, en tant que chef d’escale, les pilotes et les avions de la ligne de l’Aéropostale. Sur le chemin de l’Amérique du Sud. La ligne  est en cours de classement par l’Unesco en tant que patrimoine mondial de l’humanité. La Fondation Saint-Exupéry accorde un intérêt  particulier à Tarfaya où furent inspirés, pensés et mûris «Le Petit Prince» et «Courrier Sud». L’escale mythique de Cap Juby accueille chaque année le rallye aérien Toulouse-Dakar. L’0rchestre symphonique du Maroc donne à cette occasion, lors des «Nuits musicales», des moments rares et précieux de musique classique. Le moyen de relancer Tarfaya, la ville de départ de la Marche Verte. Economie, tourisme et culture. Tarfaya trait d’union entre les peuples et les cultures et carrefour d’échanges humains dans le cadre de l’authenticité marocaine.
Le  «semi-marathon international de Laâyoune» remporté cette année par un Kenyan et une Marocaine en présence de Saïd Aouita, en maître de cérémonie et en gandoura, deraâ blanche. Comme un grand oiseau des mers. Un immense goût est donné aux jeunes de  Laâyoune pour briller en athlétisme. Laâyoune foot, tournoi inter-quartier, qui se déroule de novembre à juin et qui fait participer  5000 jeunes, pris en charge et équipés en chaussures, survêt, maillots et shorts. Une compétition qui dégagera les futurs joueurs du Chabab Al Massira de Laâyoune.
A rappeler également que Laâyoune a définitivement tourné la page de l’habitat indigne. Les 10 000 masures des «Campements de l’Unité» ont été démolies. Les résidents ont tous été servis en lots de terrain avec aide en numéraire et en matière, ciment et fer. Le concept «Al Wahda» que les gens de Laâyoune et des provinces du Sud adorent  a été maintenu. Désormais les ex résidents des «Campements Al Wahda» résident dans la nouvelle ville de «Madinat Al Wahda». Un immense lotissement avec des milliers de parcelles connectées au réseau de l’eau potable et au réseau  électrique. Une zone en aménagement progressif qui accorde une place centrale aux équipements sociaux. Laâyoune qui a maîtrisé  son infrastructure de base et bien négocié ses principaux équilibres urbains, pense désormais à des équipements de seconde génération : conservatoire de musique et de chant, médiathèques, théâtres, salles de cinéma modernes, parcs d’attractions, grandes surfaces,… pour répondre aux besoins d’une population exigeante,  fière de ses traditions et de sa marocanité. Dans un Royaume uni de Tanger à Lagouira.
«Laâyoune-Les Sources» ;  «Laâyoune – Les Yeux».  Dans les deux cas on prend. Que les aigris, d’ailleurs et d’ici,  ruminent leur turpitude. Ils ne comprennent rien à la beauté de l’Azawane. Contrairement aux contre-vérités, il règne ici un immense respect de l’humain.

• Par Azzeddine Idrissi

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