«Le festival se bat pour survivre»

«Le festival se bat pour survivre»

ALM : Certaines rumeurs font état de l’éventualité de la disparition du festival des cordes pincées que vous avez créé en 1995. Qu’en est-il réellement ?
Saïd Laghzaoui : Je ne vais en aucune manière laisser tomber ce festival qui me tient vraiment à cœur. Néanmoins, c’est vrai que cette année, côté financement, nous avons eu un déficit considérable. Quelques jours avant le commencement de la dixième édition qui a eu lieu du 21 au 26 novembre, nous avons eu des promesses qui, finalement, n’ont pas été tenues. Nous avons été délaissés par certains sponsors. Les seules sources de financement que nous avons eu jusque là proviennent essentiellement du ministère de la culture et de différentes ambassades partenaires. Le ministère en question nous aide financièrement et moralement. Cet organisme étatique nous consacre un budget de 30.000 DH et nous offre la salle Bahnini pour les spectacles. Les ambassades se chargent, quant à elle, du billet d’avion aller-retour des artistes étrangers participant au festival.

Et la délégation de l’Union européenne ne vous aide-t-elle pas ?
Depuis le commencement de cette manifestation, nous nous sommes adressés à la délégation de l’union européenne, mais nous n’avions eu jusque-là aucune proposition de financement. Comme je l’ai précisé plus en haut, ce sont surtout les ambassades et le ministère de la culture qui nous aident, en plus de la Wallonie-Bruxelles, de l’Institut français et de l’Institut Goethe de Rabat.

Vous affirmez donc que vous n’allez pas mettre fin à ce festival ?
Oui, je ne sais pas pourquoi cette rumeur s’est répandue. Je n’ai jamais dit que j’allais arrêter cette entreprise. Avant d’être un directeur de festival, je suis d’abord et avant tout un musicien, un guitariste pour être précis.
Ce festival est donc pour moi un véritable coup de cœur. Le fait de faire jouer des artistes marocains avec d’autres musiciens de différentes nationalités, cela enrichit les connaissances et permet de découvrir d’autres expériences. Je reviens à dire que ce festival se bat et continuera à se battre pour sa survie.

Que comptez-vous faire justement pour aider ce festival  a  poursuivre son chemin ?
En proposant un concept fort et en ayant de la patience. Un festival comme celui-là ne peut pas vraiment percer s’il continue à fonctionner avec le budget qu’on a. D’autres parties doivent certes nous soutenir. Mais ce n’est pas cela qui va nous empêcher de croire fort en ce festival.

Quelle a été la spécificité de cette dixième édition qui vient tout juste de s’achever ?
Pour fêter le dixième anniversaire de ce festival, nous avons consacré cette dixième édition en entier à la femme. Nous avons voulu lui rendre hommage. Nous avions eu d’excellentes surprises. On a découvert des musiciennes au talent inégalable. Cette édition a invité des artistes de l’Autriche, de l’Allemagne et d’autres pays avoisinants.
À partir de cette édition, nous allons travailler sur des thèmes. C’est une façon pour permettre au public de se divertir et de découvrir les différentes facettes des instruments aux cordes pincées. Un public fidèle qui nous soutient à chaque édition.
C’est en outre cette fidélité qui nous permet de poursuivre notre chemin.

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