Le futur Louvre Abou Dhabi entre dans sa phase pratique

Le futur Louvre Abou Dhabi entre dans sa phase pratique

La mise en place de la future annexe du Louvre à Abou Dhabi a franchi, lundi, une étape décisive avec la signature d’un contrat entre les agences française et émiratie chargées de la réalisation du projet détaillant le calendrier et les modalités de leur coopération. Ce contrat, de caractère très technique, a été signé par les responsables des deux agences, Bruno Maquart pour France-Muséums et Cheikh Sultan Ben Tahnoun pour la TDCI (Tourism Development and Investment Company), dans un salon du luxueux hôtel Emirates Palace, en présence de la ministre française de la Culture et de la Communication Christine Albanel.
Cette signature fait suite à l’accord historique passé entre la France et Abou Dhabi le 6 mars 2007 qui établissait le projet d’un musée universel portant le nom de Louvre Abou Dhabi, dont la réalisation allait être mise en oeuvre par la France, pour trente ans et en contrepartie d’un milliard d’euros.
Le document signé lundi détaille année après année les quelque 320 types de prestations que devra fournir France-Muséums aux Emiratis, de l’aide à la constitution des collections à la formation des équipes, la signalétique, l’accueil du public, les clauses d’assurance ou le règlement des différends.
Cheikh Sultan Ben Tahnoun, par ailleurs ministre du Tourisme, a salué devant l’AFP cet accord «qui est un pas historique pour nous, et nous fait avancer vers la réalisation du district culturel de Saadiyat, un immense projet qui n’existerait pas sans le Louvre».
La ministre de la Culture, qui avait dans la matinée survolé en hélicoptère l’île, encore déserte, où sera construit le complexe, entendait «montrer son implication personnelle» à ce projet, initié par son prédécesseur Renaud Donnedieu de Vabres.
 La ministre a par ailleurs évoqué avec les responsables émiratis une éventuelle nouvelle coopération dans d’autres domaines, telles que la musique ou l’archéologie. «Nous serions très heureux de voir notre expertise prise en compte dans ces domaines», a-t-elle dit.  Le directeur général de la Cité de la musique Laurent Bayle faisait ainsi partie de la délégation française, aux côtés de Henri Loyrette, président-directeur du Louvre, et des parlementaires Jacques Valade et Patrick Balkany.  Un avant-projet scientifique et culturel, portant sur les grandes lignes du propos muséographique et dont le contenu n’a pas été rendu public, a par ailleurs été soumis aux Emiratis. Sans vouloir entrer dans le détail, Laurence Des Cars, directrice scientifique de France-Muséums, a indiqué vouloir «construire une identité propre au futur musée, en décloisonnant les disciplines». Le Louvre Abou Dhabi «ne sera pas un “best of” des musées français», a ajouté M. Maquart.
Ce futur musée est la composante d’un vaste projet culturel portant sur la construction de quatre musées et d’un centre de spectacles qui formeront un «district culturel», lui-même partie d’un gigantesque complexe touristique. Ce projet avait été précédé d’une véritable levée de boucliers en France, qui a partagé le monde des musées en «pro» et «anti» Louvre-Abou Dhabi, de nombreuses personnalités s’inquiétant des risques de dérive commerciale, de menaces sur l’intégrité des oeuvres ou des risques de censure. L’agence France-Muséums, mise sur pied pour porter le projet, est la filiale commune de douze établissements publics français. Son budget de fonctionnement est assuré par l’Emirat pétrolier.


• Fabienne Faur (AFP)

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