Le graffiti : un terrain d’épanouissement pour les jeunes Marocains

Le graffiti : un terrain d’épanouissement pour les jeunes Marocains

Peinture aérosol, marqueurs, craies, etc., les outils des graffiteurs sont divers et la passion pour ce genre de peinture a gagné du terrain. Moyen de contestation ? Acte de vandalisme ou art à part entière ? Le graffiti qui découle de la tradition new-yorkaise avec l’émergence d’une culture hip-hop constitue aujourd’hui une vraie passion pour les jeunes Marocains. Se définissant comme dessins ou inscriptions calligraphiques, peintes ou tracées de diverses manières sur des surfaces, le graffiti est très répandu en milieu urbain. Cependant, entre admirateurs et réprobateurs de ce genre artistique, les passionnés pour cet art se retrouvent confrontés à plusieurs problèmes. Rareté des matières premières, manque de moyens, absence de magasins de vente des produits nécessaires ou rejet de ce genre artistique par la société. Les passionnés du graffiti au Maroc se retrouvent dans la plupart des cas confrontés à l’absence d’une surface pouvant servir de toile. «On se retrouve toujours hantés par la question de ce mur ou cette surface vierge qui peut accueillir notre graff, même quand on dispose de peinture et de matériaux servant à laisser libre cours à notre passion. A Agadir nous avons quelques surfaces au niveau de la place Ibn Zaydoun mais il est presque de l’ordre de l’impossible de trouver des admirateurs dans notre société qui seraient conscients de la beauté et créativité des «graffs» et qui pourraient les considérer comme un art», explique Mounir, un jeune graffiteur. Problème de mentalité ? De culture ? Seule une très grande catégorie de jeunes considère ces dessins comme un art à part entière. «Je trouve beaucoup plus que c’est un acte de vandalisme et je ne tolérerai en aucun cas de me réveiller un matin et de trouver que le mur de ma maison a servi de fresque pour l’un de ces jeunes», déclare Malika. Certes, dégrader une propriété et ne pas avoir le consentement des propriétaires est un acte réprimandé mais dans quel espace ces jeunes peuvent-ils répandre leurs élans de créativité ? «La solution qui s’impose aujourd’hui, c’est de créer des espaces où les jeunes graffiteurs peuvent disposer de surfaces pour laisser libre cours à leurs talents. A l’étranger, les murs dédiés à cet art donnent aux jeunes la possibilité de travailler sur des graffs en groupe ou à titre individuel», explique ce jeune graffiteur. Il suffit aujourd’hui de faire un tour autour des lycées, collèges ou auprès de quelques locaux pour voir par ci et par là des graffs sur les murs. Mais qu’est-ce qui motive ces jeunes et que veulent-ils transmettre ? «C’est ce sentiment de transgression qui fait plaisir. D’écrire quelques mots en cachette avec la possibilité de se faire prendre», explique un jeune lycéen. Mais si ce désir de réaliser des graffs est juste une recherche de transgression, il est beaucoup plus pour les vrais passionnés. «Les graffs sont un acte de revendication, d’expression et d’échange. C’est un art. Un art qui ne bénéficie d’aucune reconnaissance dans notre société», exprime-t -il. Certes, nombreux sont les jeunes qui se passionnent pour le graffiti mais l’apprentissage de cet art se fait la plupart des cas à titre personnel. «Nous faisons appel à notre propre talent, à nos recherches sur le net mais on ne peut dire aujourd’hui qu’il y a des associations où les jeunes peuvent améliorer leurs techniques», explique Mounir. Le chemin parait long pour réhabiliter le graffiti et lui accorder sa place dans la société marocaine. Mais ne peut-il pas constituer un terrain d’épanouissement pour les jeunes? Certes, les passionnés se battent selon leurs propres moyens, devant l’absence de terrains dédiés à cet art. «Nous sommes confrontés à cette non- reconnaissance. Et en tant que graffiteur j’espère voir un jour cet art valorisé avec l’organisation de compétition et son intégration dans des programmes de festivals», souligne Mounir. Si le graffiti est aujourd’hui considéré à l’étranger comme un art qu’on expose dans les galeries, le chemin à parcourir au Maroc est encore long. «Le graffiti» dans toutes ces formes constitue un moyen d’expression et d’épanouissement pour les jeunes.

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