Le jeûne : Quel effet magique sur le corps?

Le Ramadan, rendez-vous annuel des croyants, s’avère un mois de spiritualité et de jeûne. Ce carême est observé pour les musulmans du lever au coucher du soleil. Soit une durée de 12 heures d’abstinence mettant ainsi les papilles à rude épreuve. Le Ramadan est considéré comme une période adéquate pour corriger plusieurs types de maladie notamment les pathologies métaboliques, à savoir l’hypertension artérielle et l’obésité. «En privilégiant une alimentation saine et équilibrée, on peut perdre de 4 à 6 kilos durant ce mois», signale Nabil Layachi, nutritionniste et diététicien au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Rabat. En outre, des recherches scientifiques affirment, à l’unanimité, que le jeûne a des bienfaits à la fois cutanés (rajeunissement de la peau), orthopédiques (cicatrisation de fractures), dentaires (fortification des dents) et capillaires (renforcement des cheveux). Ce constat confirme les multiples propriétés du jeûne. En se référant aux conclusions scientifiques, la pratique du jeûne ravive les réserves de notre organisme. Ainsi des glandes vitales tels que le foie et le pancréas fournissent une panoplie de substances nutritives aidant le corps à résister aux disettes. Cependant, s’abstenir de manger et de boire peut-il avoir des conséquences néfastes sur la santé ? Le jeûne constitue une «autoguérison» du corps. Et ce en purifiant le métabolisme de toutes les cellules grasses et toxines qui le submergent. Ces substances toxiques en question sont dues essentiellement à la «suralimentation».
Or, au moment de la rupture, la table marocaine se dresse de mille et une couleurs. Des mets appétissants donnent un nouveau souffle à une longue journée marquée par la fatigue, la soif et la faim. Ces variétés de recettes, riches en calories, peuvent induire les gourmets à l’excès. Transformant ainsi le Ramadan en un mois des caprices culinaires. «Nous remarquons un grand changement des habitudes alimentaires, notamment la consommation au quotidien de la pâtisserie, des œufs et de matières grasses», observe Nabil Layachi. En effet, la tradition culinaire marocaine met en relief des plats riches en lipides et sucreries. Par ailleurs, l’absence des fruits et légumes des menus ramadanesques est, également, constatée.
De la sorte, le corps perd les vertus de ces éléments nutritifs. «La consommation des végétaux est fort recommandée. Riches en sels minéraux, fibres alimentaires,vitamine et eaux, ces aliments contribuent à diminuer le cholestérol sanguin, ainsi que de lutter contre la constipation et les maladies graves tel que le cancer», déclare le nutritionniste. Selon M. Layachi, ce chamboulement diététique engendre des pathologies à court et à long termes. «Le comportement alimentaire malsain des jeûneurs peut provoquer des maladies cardiovasculaires, de l’hypercholestérolémie, de l’hyperglycémie, des pathologies digestives et du surpoids», affirme docteur Layachi. Parmi les autres habitudes observées en ce mois sacré: l’irrespect des prises de médicaments par les malades. Bien qu’ils soient obligés de suivre un traitement ambulatoire, cette catégorie de jeûneurs préfère obéir à l’appel divin au détriment de leur état de santé. De ce fait, ces personnes se permettent d’adapter aléatoirement leurs ordonnances en fonction des horaires du Ramadan. Toutefois, la consultation médicale reste de mise. «Il est formellement interdit de changer les nombres de prises de médicaments sans prescription médicale. Ceci a une répercussion considérable sur l’efficacité du traitement», annonce un praticien généraliste à Casablanca. Et de poursuivre : «Après consultation, le médecin peut éventuellement administrer des remèdes limitant le nombre de prises par jour». De même, le rythme alimentaire au cours de ce rendez-vous religieux connaît un déséquilibre flagrant.
«L’apport alimentaire se base généralement sur trois repas distanciés, à savoir le petit déjeuner, le déjeuner et le dîner. Par contre, au mois de Ramadan trois repas copieux se consomment en moins de 8 heures», a noté le diététicien Layachi. Coïncidant cette année avec la canicule, le Ramadan s’avère un peu rude à supporter. Alors comment concilier chaleur et jeûne ? «Tout d’abord, il est primordial de s’hydrater. Et ce, en buvant de 1 à 2 litres d’eau après la rupture du jeûne», recommande Nabil Layachi. Et d’ajouter : «Il faut également consommer régulièrement des jus de fruits naturels». Pareillement, le régime alimentaire doit être rigoureusement équilibré en ce mois sacré. En raison des longues heures du jeûne, les menus durant le mois de Ramadan doivent être légers. Les aliments à digestion lente et riches en fibre, comme le blé, la semoule et le riz sont conseillés. Par ailleurs, les fruits et les légumes sont indispensables.
La crudité doit être consommée davantage Également, il faut varier l’alimentation. Et ce en privilégiant les poissons et les volailles. Par contre, les fritures sont à éviter. Ils peuvent être à l’origine d’une indigestion, de brûlures d’estomac et des problèmes de surpoids. Il en est de même pour les aliments contenant trop de sucre. En somme, La répartition des repas est très importante tout en valorisant le «shour». Ainsi, les dattes sont principalement préconisées pour cette collation. Ils constituent une excellente source de sucres, de fibres, de potassium et de magnésium. Assurant ainsi au corps un bon approvisionnement de glucose et fructose. Pour maintenir l’équilibre, le sport est souhaitable en cette période notamment après la rupture. Une petite marche fera du bien pour les gourmets et les adeptes de la «Harira» en ce mois de recueillement, de convivialité et de solidarité.


La datte un fruit aux précieuses vertus

La consommation des dattes au Ramadan est une tradition fortement liée à nos origines arabes et musulmanes. Les textes spirituels, ont fait de ce fruit un aliment bénit. Se conformant à notre histoire religieuse, le prophète Mohamed, prière et salut sur son âme, tenait à rompre son jeûne par les dattes. De même, il veillait particulièrement à manger 7 fruits de dattes lors du « Shour ». Cette prérogative n’est pas aléatoire. Connue par ces multiples vertus, la datte est le fruit le plus adéquat pour pallier l’hypoglycémie à laquelle tout jeûneur est confronté. Elles sont riches en composantes alimentaires faciles à digérer. En effet, une quantité de 100 grammes de dattes contient 306 calories, 73% de glucides, et 20 % d’eau, outre les lipides, les protides, les matières grasses, les fibres, le potassium, le fer, le magnésium, le zinc et le cuivre. Par ailleurs, trois fruits de dattes (soit 25 g) fournissent 2 g de fibres. Ce qui représente 5 % à 8 % de la quantité de fibres recommandée par jour, à savoir 38 g pour les hommes et 25 g pour les femmes. Les fibres des dattes sont constituées à 57 % de fibres insolubles et à 43 % de fibres solubles. Les fibres insolubles jouent un rôle important dans la régularité intestinale et la prévention de la constipation. En retenant l’eau dans le côlon, elles font augmenter le volume et le poids des selles, ce qui réduit le temps de transit et facilite l’évacuation. Quant aux fibres solubles, ils jouent un rôle dans la réduction du taux de cholestérol et, par conséquent, elles peuvent contribuer à diminuer le risque de maladies cardiovasculaires. Cependant, Les dattes sont commercialisées partiellement déshydratés. Celles-ci ne renferment que 15 % à 20 % d’eau, comparativement à 65 % à 70 % pour les dattes fraîches. Une datte séchée renferme autant de sucre qu’une datte fraîche, mais à poids égal, les dattes séchées contiennent plus de glucides que les dattes fraîches, puisque ces dernières renferment proportionnellement plus d’eau.

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