Le livre, une denrée rare

Les bouquinistes remplissent le vide laissé par les bibliothèques. Dans notre pays, ce n’est pas dans les bibliothèques que les lecteurs se forment, mais chez les bouquinistes. Rappeler cette réalité n’est pas une vaine chose pour attirer l’attention sur l’un des métiers dont l’utilité dans la société est certaine et qui ne fait pas pourtant l’objet de l’intérêt qu’il mérite. Non seulement le bouquiniste est considéré comme n’importe quel autre commerçant. Mais on assiste aux difficultés auxquelles il est confronté sans rien faire.
Ces difficultés sont innombrables, mais il n’y en a qu’une qui fait réellement peur aux hommes de cette corporation. C’est la rareté du livre. Le livre d’occasion, le bon livre, devient de plus en plus rare. Ce constat est établi par tous les bouquinistes interrogés. Pour Hamid El Oiriagli de Rabat : «Je n’ai jamais constaté un aussi grand manque de livres que pendant cette année». Ses propos sont étayés par ceux de Claude Richard, le célèbre et très affable bouquiniste du passage Tazi à Casablanca. Celui qui a repris le commerce de sa tante qui vendait des livres depuis 1937, est optimiste à propos de tout, sauf en ce qui concerne le manque de livres dans le marché.
«La difficulté du métier, c’est de trouver des livres aujourd’hui» dit-il. A la question pourquoi, il y a de moins en moins de livres, les bouquinistes avancent des hypothèses. Il en existe une qui est revenue sur la bouche de plusieurs d’entre eux : Les bons Français qui mourraient en laissant des bibliothèques sont moins nombreux qu’auparavant. Un livre de qualité trouve très rapidement un acheteur. «Si j’ai de bons livres, je les vends. J’ai une clientèle de fidèles» dit Claude Richard. Pareil pour Saïd, le bouquiniste du quartier Diour Jemaâ à Rabat : «Les bons livres s’achètent. Les livres de qualité restent très peu de temps à ma librairie».

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