Le malaise des vacataires des conservatoires

Le malaise des vacataires des conservatoires

Des enseignants vacataires de musique protestent. Ils multiplient les grèves pour se soulever contre une situation qu’ils jugent intenable. Ces enseignants sont affiliés au département de la culture de la Confédération démocratique du travail (CDT). Un sit-in est prévu le trois mai prochain devant la direction des arts du ministère de la Culture dans la capitale. Au centre de ce conflit se trouve un problème de régularisation de la situation de près de trois cents enseignants de musique vacataires. Cela fait près de quinze ans, que ces professeurs diplômés du premier prix et du prix d’honneur des conservateurs du Royaume vivent cette situation. La plupart d’entre eux touchent un salaire minimum de 25 DH l’heure pour un total de 60 heures par mois. Ce qui ne représente même pas le salaire minimum garanti. Selon l’enseignant Abdelaziz Taiheddine, cela fait trop longtemps que ça dure, et le temps est venu aujourd’hui de régulariser leur statut et de les intégrer dans la fonction publique. Les vacataires représentent les 2/3 des enseignants au conservatoire de musique et de danse de Rabat.  «Les temps sont de plus en plus durs et nous ne pouvons guère continuer à toucher des misères», s’insurge Abdelaziz Taiheddine. Et d’ajouter «ces enseignants ont contribué à former toute une génération de musiciens et de professeurs de musique exerçant aujourd’hui dans plusieurs écoles, ils méritent une reconnaissance». Reconnaissance qui consisterait aujourd’hui à leur consacrer un poste budgétaire et de les intégrer pour qu’ils puissent bénéficier de leurs droits. «En tant que vacataires nous ne bénéficions même pas de couverture médicale et nous ne sommes même pas payés dans nos week-ends et les jours fériés», affirme la chanteuse de musique andalouse Hayat Boukhriss. Selon une source du conservatoire de musique de Rabat souhaitant garder l’anonymat, la situation de ces vacataires ne contribue pas au développement de la pédagogie. «Ces gens-là ne sont pas très attachés aux établissements, pour stabiliser leur situation, pour créer un climat de confiance et de responsabilité et pour améliorer leurs rendements il faudrait les titulariser». Passer du statut de vacataire à celui d’enseignant permanent n’arrangerait pas le ministère de la culture. C’est du moins la conclusion à laquelle sont arrivés ces enseignants. « Si on nous consacre des postes budgétaires, ils n’auront pas de marge et n’auront plus la possibilité de mettre de l’argent dans leurs poches», confie l’un des professeurs vacataires. Le budget des vacations atteint 4 millions DH. Une somme qui, selon les intéressés, pourrait suffire à leur intégration. «Cette somme n’est-elle pas suffisante pour recruter ces vacataires surtout que ceux qui demandent leur intégration au ministère de la culture ne dépassent pas cent enseignants», lit-on dans un communiqué diffusé par le département de la culture de la CDT. Du côté de l’institution de tutelle, les responsables déclarent que ces vacataires sont uniquement payés pour des services rendus. «Ils demandent des postes budgétaires, chose que nous ne pouvons pas leur accorder pour le moment», déclare le directeur de la division de la musique au ministère de la Culture Fouad Chaari.
Les enseignants, eux, comptent poursuivre les sit-in et en cas de persistance du conflit, ils menacent d’arrêter les cours.

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