Le mariage tétouanais célébré dans la pure tradition

Le mariage tétouanais célébré dans la pure tradition

La cérémonie du mariage tétouanais se déroule dans la pure tradition locale. Elle révèle le mélange de cultures et de couleurs dont se distingue la ville. La cérémonie nuptiale est, de ce fait, constituée de nombreux rituels dont certains sont propres à Tétouan. A l’instar des autres régions et contrairement au passé, la cérémonie de mariage tétouanais ne dure pas plus de sept jours. Elle est célébrée pendant quatre jours avec les soirées du henné ou Nbita, Dhour, Al Bouja et S’bah. Les préparatifs sont entamés quelques mois avant la date de la célébration des noces, voire des années pour la réalisation du trousseau de la future mariée. «Certaines familles tétouanaises ont l’habitude de préparer une partie du trousseau de leur petite fille avant qu’elle atteigne l’âge adulte», déclare Anissa, membre d’un groupe de musique féminin à Tétouan. Et de faire remarquer que « cette partie du trousseau, préparée plusieurs années à l’avance, est constituée, généralement, des draps, des nappes, des rideaux, des couvre-lits et coussins et quelques habits traditionnels, sont confectionnés et brodés à la main ne risquant pas de se démoder au fil du temps». La réalisation du trousseau de la jeune mariée occupe une place importante dans les préparatifs de la cérémonie de mariage. «La plupart des familles tétouanaises organisent encore une petite soirée, quelques jours avant la grande cérémonie de mariage, pour présenter le trousseau. On aménage un coin dans la maison paternelle de la jeune fille pour exhiber fièrement les costumes traditionnels, les bijoux et les autres objets de valeur que la future mariée amènera avec elle dans son nouveau domicile conjugal», explique Rhimou Abarchane, une femme tétouanaise au foyer. Selon les connaisseurs de Tétouan, le trousseau de la future mariée montre le savoir-faire des artisans tétouanais. Il a été, autrefois, brodé et cousu par la future mariée, elle-même, et les autres femmes de sa famille. Alors qu’actuellement, les couturiers traditionnels et les brodeurs tétouanais rivalisent, entre eux, pour la préparation du trousseau de la future mariée. «Le trousseau, qui est constitué par des habits traditionnels, des broderies et des meubles de décoration, se distingue par son style et motifs hérités de la population andalouse qui s’est s’installée au XVème siècle à Tétouan», précise-t-on. Notons que les Tétouanais ont l’habitude de préparer, plus d’une quinzaine de jours à l’avance, les gâteaux notamment Bechkitou (Biscuit tétouanais), Fekassa, les cornes de gazelle (Kaab Ghzal), Melowza et Kahk. Les familles aisées font, actuellement, appel aux services de traiteurs pour la préparation de gâteaux dont certains sont typiques de la ville de Tétouan. Par ailleurs, la cérémonie de mariage tétouanais commence par la fête du henné ou Nbita dont le programme comporte plusieurs activités rituelles et termine tard la nuit. La jeune fiancée sera accompagnée, dans la matinée, par ses copines ainsi que des femmes et jeunes filles de sa famille, pour aller au bain maure. Elle accomplit, avec les autres, ce rituel de Hammam dans la joie et la convivialité. A son retour à la maison, la future mariée se maquillera légèrement. Elle portera ensuite un caftan ou une Takchita de couleur blanche ou verte et sera couverte d’un voile brodé en soie. Assise entourée des coussins joliment ornés, elle fera tatouer au henné ses mains et pieds, au rythme des chants du groupe de musique féminin «Hadra». De même, une petite fête du henné sera organisée, tard la nuit, à la maison de son fiancé. Elle débute par la pose d’une petite boule du henné au creux de la main du futur marié. Cette fête pleine d’émotion, qui marque le passage du fiancé de sa vie du célibataire à celle du couple, se déroule aux rythmes des chants religieux invoquant Dieu et le Prophète Sidna Mohammed. Elle se termine aux petites heures du matin. La deuxième journée de la cérémonie, connue des Tétouanais sous le nom de Dhour, sera considérée comme une grande fête non mixte. Laquelle se déroule entre femmes et sera animée par un groupe de musique féminin. On fait aussi appel, à cette occasion, à des photographes et cameramen femmes. «Ces fêtes de mariage non mixtes qui sont animées par des ensembles de musique féminins montre ce mélange de cultures arabo-andalouses», précise Mme Abarchane. Contrairement à Nbita, la future mariée devra être joliment coiffée et bien maquillée pour la deuxième journée de fête (Dhour). Elle pourra porter, en proportion de ses capacités financières, plusieurs tenues traditionnelles, dont Cheda tétouanaise et la tenue d’El Amira (Princesse), et des bijoux traditionnels assortis. La future mariée effectuera, la troisième journée (Al Bouja), avec les autres femmes de sa famille une visite, généralement après la prière d’Al Asr, à un lieu de culte pour accomplir «la prière de salutation et de reconnaissance à Dieu». A son retour à la maison, la future mariée sera maquillée et coiffée, par Ziana et Mchata, pour porter sa robe blanche de mariage. Elle quittera ses parents, accompagnées des autres membres de sa famille et proches, vers son domicile conjugale. La cérémonie du mariage tétouanais se termine, le lendemain, en beauté avec l’organisation de la soirée de S’bah ou Lhzam. La mariée qui sera, à cette occasion, habillée en tenues traditionnelles portera officiellement sa ceinture de nouvelle vie conjugale. La fête de Lhzam se déroulera aussi entre femmes et sous les rythmes des chants d’un ensemble féminin de musique andalouse.

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