Le militantisme féminin dans la région de Tanger-Tétouan

Le militantisme féminin dans la région de Tanger-Tétouan

Il ne passe pas un événement féminin ou une fête nationale sans évoquer le militantisme féminin dans la région de Tanger- Tétouan. Beaucoup de femmes ont réussi dans cette région à marquer, par leur empreinte, la lutte pour notre indépendance. Parmi ces braves militantes figurent Batoul Aouami, Rahma Jillali, Fatima Ahmadoun, Rahma Acheddad et Khadija Slaoui. «Au lendemain de l’indépendance, la plupart d’entre elles ont choisi de poursuivre leur combat pour l’égalité des chances entre les sexes et la lutte contre la discrimination», selon les anciens habitants de cette région.
Au fil des ans, d’autres noms féminins viennent s’ajouter à cette liste d’anciennes femmes militantes. D’aucuns témoignent que leur combat mené, il y a un certain temps, aussi bien dans la région Tanger- Tétouan qu’au niveau national n’a pas été sans risques pour leur vie. Aujourd’hui, elles estiment que les mentalités ont changé et beaucoup de choses ont évolué en leur faveur, leur permettant de réussir leur militantisme associatif au sein des ONG et des Associations. Comme c’est le cas de l’ancienne militante politique Hakima Naji, qui a été en 1996 parmi les six femmes fondatrices de l’association Saida Al Horra à Tétouan. Ayant milité pendant plusieurs années dans la gauche, cette ancienne détenue politique a été rédactrice et membre de la direction du journal féminin 8 Mars. Considérée comme l’une des défenseurs du militantisme régional, Mme Naji a choisi de s’installer à Tétouan. Elle a été désignée pendant quelques années à la tête de l’Union de l’action féminine (UAF)- section locale-avant la création de l’Association Saida Al Horra dont elle a été la première coordinatrice générale. Selon Zahra Dghoughi, actuelle coordinatrice générale de Saida Al Horra, le choix du nom de cette association n’est pas le fait du hasard. «Le militantisme féminin a existé depuis toujours à Tétouan. Nous avons fouillé dans l’histoire de la ville et nous avons trouvé que Saida Al Horra a régné au 16ème siècle et sous l’ère wattasside sur cette ville», indique-t-elle. Cette militante associative poursuit que «nous avons voulu en choisissant Saida Al Horra comme nom pour notre association pour rendre hommage en particulier à cette femme qui a gouverné pendant dix-huit ans sur Tétouan et en général à toutes les femmes militantes issues de la ville de Tétouan», faisant remarquer que «nous venons de terminer un film documentaire sur les anciennes femmes militantes à Tétouan, qui demeurent encore méconnues du grand public. Ce projet de film documentaire qui a été initié par Hakima Naji a connu le soutien d’une société de production catalane et une association de la même région». Grâce à leur longue expérience dans le militantisme, les six militantes fondatrices de Saida Al Horra ont encouragé un nombre important de femmes à intégrer leur association. Elles ont choisi d’œuvrer pour l’égalité des chances entre les sexes et de promouvoir la condition de la femme dans les domaines économique, social, politique, juridique et culturel. Elles ont commencé leur action par la création d’un centre d’écoute en particulier pour les femmes en situation précaire. Elles ont pu ensuite conclure des partenariats entre autres avec le secrétariat d’Etat chargé de la famille, la délégation de la santé à Tétouan, l’initiative nationale pour le développement humain (INDH), des avocats, des médecins ainsi que l’Agence catalane de coopération pour le développement (ACCD) et d’autres partenaires étrangers. Et grâce à la persévérance et le dynamisme des militantes et membres de Saida Al Horra, celle-ci a développé ses activités par la création d’un centre de formation professionnelle et un dispensaire. Elle compte actuellement un nombre important d’employés: techniciens et formateurs sociaux. «Saida Al Horra a créé d’autres antennes à Chefchaouen, M’diq et Fnideq. Nous nous préparons pour ouvrir une autre antenne à Tanger», révèle Mme Dghoughi.
Une autre ancienne militante de gauche a réussi à réaliser un grand projet associatif à Tanger. Il s’agit de Mounira Alami qui a créé, en 1995 avec d’autres militants associatifs, l’association Darna. A l’instar de Saida Al Horra, celle-ci a entamé ses activités associatives par la création du centre d’écoute pour les enfants en situation difficile. Mme Alami a pu, en peu de temps, développer ce projet associatif. En plus de la ferme pédagogique pour apprendre aux adolescents les métiers agricoles, l’Association Darna a créé en 2002 une maison communautaire pour donner des cours d’alphabétisation, de secrétariat et des formations en tissage, couture et broderie aux femmes en situation précaire. L’association dispose aussi, depuis 2002, d’une autre association communautaire pour abriter des enfants de la rue et des adolescents en situation difficile. Ces derniers peuvent y apprendre, entre autres, des métiers de menuiserie et ferronnerie. Il est à noter que le militantisme associatif continue à attirer des femmes de toutes catégories sociales. L’Association Karama est à prendre comme modèle. Ayant été initiée au départ grâce à des femmes de grande responsabilité aussi bien dans le public que dans le privé, cette association compte des membres exerçant quasiment dans tous les secteurs d’activité. Elle a pour objectif essentiellement la lutte contre toutes sortes de violence et de discrimination de la femme et la protection de la famille des phénomènes de divorce. Elle a pu réaliser le grand projet Dar Karama pour l’accueil des femmes en situation difficile dont l’ouverture vient d’avoir lieu.

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