Le MPF comme tremplin

ALM : Le Mondial de la Publicité Francophone fête cette année son 16ème anniversaire. En tant que publicitaire, que vous inspire ce festival ?
Bernard Van Bever : Je ne connais ce festival que depuis deux ans. Selon mes informations, cette manifestation a connu récemment des hauts et des bas. En fait, le Mondial de la Publicité Francophone est en quête d’identité. Je vous rappelle que la création de ce festival répond à la volonté des publicitaires français de faire face à la domination de la publicité anglo-saxonne au niveau international. Ont-ils réussi à atteindre cet objectif ? Je ne sais pas.
Force est de constater aussi que ce festival se caractérise par le nombre limité des pays qui y participent. Une chose est sûre : cette manifestation leur permet d’avoir une certaine visibilité. A ce propos, je tiens à dire aussi qu’en l’absence d’un festival national au Maroc, chose que je trouve inconcevable, le MPF permet aux publicitaires marocains de se mesurer avec leurs confrères francophones dont certains d’entre eux font preuve de créativité. Au stade actuel, le Mondial constitue un tremplin pour les professionnels locaux pour participer aux compétitions prestigieuses.
Comment qualifiez-vous la participation des agences publicitaires marocaines dans ce Mondial ?
Avant de répondre à cette question, je tiens à faire un constat sur le niveau de la créativité de la publicité au Maroc. Lorsque nous avons créé l’agence Adcom qui porte aujourd’hui le nom de Leo Burnett, nous nous sommes rendus que la publicité marocaine a franchi un pas considérable au niveau industriel au détriment de la créativité. Aujourd’hui, je crois qu’au niveau des agences publicitaires locales, tout le monde s’accorde à dire que, nous sommes à la veille d’une nouvelle ère en matière de communication publicitaire. Hisser le niveau de la créativité est au coeur des priorités chez les professionnels.
Comment alors définir un bon concept publicitaire ? Il ne s’agit pas d’une image ou d’un jeu de mots. Une idée créative prend en considération, le bénéficie que peut apporter un produit pour le consommateur. La dimension humaine est également importante. Les consommateurs du monde entier sont avant tout des êtres humains ! En pub, la créativité ne peut se faire sans la notion du risque. Dans un environnement de plus en plus concurrentiel, c’est le niveau de créativité qui fera la différence. On peut gagner la sympathie du consommateur sans arrogance et avec humanité. Cela est aussi vrai pour le Maroc que pour d’autres pays. Croire que les consommateurs ne sont que des illettrés qui ne comprennent que des messages simples et basiques est une véritable insulte qui peut coûter très cher à une marque.
Les créations marocaines en lice dans le MPF ont-elles des chances de gagner des prix dans la compétition officielle ?
Bien évidemment. La campagne d’affichage réalisée dernièrement par Leo Burnett Maroc pour le compte de Tide a été nominée dans le Festival des Clio à Miami.
Une consécration. Je doute fort que cette création conçue et réalisée entièrement au Maroc en gagne par un prix lors de la 16ème édition du Mondial de la publicité francophone. Lors de l’édition 2001, Leo Burnett a décroché le Mondial d’argent dans le cadre du concours officiel pour la campagne télévisuelle Fiat Siena.

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