Le Nobel de littérature 2005 à un écrivain autre que romancier ou poète ?


Même si des noms d’écrivains "nobélisables" circulent encore cette année, comme les romanciers américains Philip Roth et Joyce Carol Oates, l’Albanais Ismakl Kadare, l’Israélien Amos Oz et le poète suédois Tomas Transtrvmer, l’Académie suédoise, qui décerne le prix, pourrait avoir une surprise en réserve.

"L’Académie a parlé de sa volonté d’élargir le prix, ce qui pourrait ouvrir une porte par exemple pour des journalistes littéraires comme le Polonais Ryszard Kapuscinski", estime Eva Bonnier, directrice de la maison d’édition suédoise du même nom.

"Kapuscinski est une possibilité. Cela serait très enthousiasmant si l’Académie décidait d’aller dans cette direction", acquiesce Ola Larsmo, un critique littéraire qui écrit notamment dans les colonnes du quotidien suédois de référence Dagens Nyheter.

Il admet "qu’il n’y a pas de signaux clairs que cela se produira", notant que l’illustre institution observe le plus grand mutisme à quelques jours de l’annonce du prix.

Le secrétaire perpétuel de l’Académie suédoise Horace Engdahl a reconnu qu’il était "important que l’évolution du prix suive l’évolution de la littérature".

Ce ne serait pas la première fois d’ailleurs, au vu des annales, qu’un écrivain, autre que romancier, serait récompensé. Et Alfred Nobel dans son testament n’avait pas spécifié que le prix devait aller à un auteur de fiction.

Depuis la première édition du prix en 1901, des auteurs de genres différents ont été récompensés, tels Bertrand Russell en 1950 pour ses écrits philosophiques et Winston Churchill trois ans plus tard pour ses textes historiques.

Mais la grande majorité des prix est allée à des auteurs de fiction ainsi qu’à des poètes.

Si l’Académie fait un choix traditionnel cette année, l’auteur néerlandais Cees Nooteboom, le Belge Hugo Claus, l’écrivain somalien Nuruddin Farah et le poète et romancier nigérian Ben Okri font figures de favoris.

L’auteur turc Orhan Pamuk, 53 ans, récemment inculpé dans son pays de "dénigration publique de l’identité turque" pour ses remarques sur le massacre des Arméniens, serait aussi un sérieux prétendant.

Le poète syrien Adonis a aussi régulièrement été cité parmi les favoris.

En 2004, le Nobel de littérature est allé à l’écrivaine autrichienne Elfriede Jelinek.

L’annonce avait été une surprise totale, son nom n’ayant jamais été cité, et a été l’objet d’une controverse qui fait encore, aujourd’hui, des mécontents.

Un membre de l’Académie suédoise a ainsi annoncé sa démission mardi, en signe de protestation contre l’attribution du prix l’année passée à l’Autrichienne.

"Donner le prix Nobel à Elfriede Jelinek a détruit la valeur de la récompense pour des années à venir", a écrit Knut Ahnlund dans les colonnes du quotidien Svenska Dagbladet.

M. Ahnlund, membre de l’Académie suédoise depuis 1983, n’avait pas participé activement au travail de l’institution depuis près d’une décennie.

"Je pense que le choix de cette année sera beaucoup plus attendu que celui de l’an dernier", a observé Svante Weyler, ancien dirigeant de la plus grande maison d’édition Norstedt. Aux favoris déjà cités, il ajoute la poètesse et cinéaste algérienne Assia Djebar.

Le prix Nobel de littérature est le seul de l’ensemble des Nobel dont la date de l’annonce n’est révélée que vingt-quatre heures à l’avance et il est traditionnellement attribué un jeudi.

Chaque prix est doté de dix millions de couronnes (1,1 millions d’euros), que les lauréats se partagent s’ils sont plusieurs.

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