Le pèlerinage des tambours japonais

Le pèlerinage des tambours japonais

Des sons percutants s’entendent à quelques pas de l’espace Bab Makina. C’est le bruit des tambours de Tokyo de l’ensemble «Za Ondekoza» venu spécialement pour se produire le dimanche 4 juin durant la douzième édition du Festival des musiques sacrées de Fès. Ce groupe s’est senti dans son élément dans cet espace en plein air. Les percussions des tambours japonais se prêtent bien, en effet, à ce genre d’endroit puisque les sons résonnent mieux et les échos ont, eux aussi, leur rôle à jouer.
La formation «Za Ondekoza» a été créée sur l’île de Sado en 1969 par Tagayasu Den, décédé en 2001. Pour rendre hommage à leur maître, les membres du groupe ont réalisé leur premier marathon au Japon. Ils ont couru 600km de l’île de Sado au mont Fuji et présenté trois concerts durant ce marathon en 2002. Depuis, cet ensemble a pour credola course et la musique ne font qu’un. C’est une sorte de réflexion philosophique sur le drame et l’énergie de la vie. «Le concept de nos spectacles est construit sur une philosophie de la terre et sur la vie humaine», explique le producteur et président de l’ensemble Mitsu Tamura.
Le tambour japonais connu sous le nom Taiko chez les Nippons obéit lui aussi à cette philosophie, vu qu’il est confectionné avec des matériaux naturels : le bois et la peau de vache. Pour iffuser cet art des tambours japonais les membres de l’ensemble «Za Ondekoza» ont voyagé partout dans la monde. Le groupe a effectué déjà trois tournées de la planète et compte 1171 jours de courses. Il n’y a pas un pays qu’ils n’ont pas visité. Ils sont les missionnaires des tambours japonais. Avant chaque spectacle prévu dans un pays, ils courent prés de 15 km. «C’est notre manière de sonder la paix dans chaque pays où nous nous produisons», déclare Mitsu Tamura.
L’ensemble «Za ondekoza» ne se produit pas dans les pays de guerre. «A notre arrivée au Maroc, nous avons parcouru quelques kilomètres au Sahara, nous nous sommes rendus compte que le pays est paisible, c’est seulement à cette condition que nous acceptons de faire des spectacles» ajoute le président de l’ensemble. Les artistes du groupe sont âgés entre 15 et 30 ans. Ils vivent en communauté, tous ensemble. «Nous vivons ensemble 24h/24h» ajoute Mitsu Tamura. C’est de là d’où vient le secret de leur engagement. Un engagement qui se ressent à travers la manière avec laquelle les joueurs font résonner leur taïko, une technique dure qui nécessite beaucoup de persévérance et un dépassement de soi. «Très peu de jeunes restent plus de trois ans, car c’est un rythme de vie très dur», déclare un des membres.
A Fès la matinée du concert,  le groupe a couru 5 km en préparation du spectacle ou plutôt de la performance. Selon Mitsu Tamura, le spectacle paraît au début monotone mais par la suite, il devient plus animé avec des chants et des shows ludiques. Les artistes de «Za Ondekoza» ont, en effet, livré toute la mesure de leur art en alliant percussions, chants et jeux. A la grande surprise des spectateurs qui ont manifesté leur étonnement en émettant quelques rires à la vue d’un spectacle original.

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