Le Phare de Fès fête ses dix ans

Le Phare de Fès fête ses dix ans

Le festival des musiques sacrées de Fès a dix ans. Pour marquer cet anniversaire, les organisateurs convient le public à un best of. “L’idée consiste à reprogrammer les moments les plus représentatifs de l’esprit de la manifestation“, confie à ALM Faouzi Skali, directeur du festival. Le thème choisi à ce grand événement est à cet égard très significatif : “Traces de lumière“. Il s’agit des empreintes lumineuses qui ont rayonné à partir de Fès pour toucher de nombreux lieux, situés aux quatre coins du globe. Le modèle des musiques sacrées s’exporte si bien qu’une charte a été établie afin de définir et préserver les valeurs dont se réclame le Festival de Fès. Cette charte est adressée à d’autres villes, soucieuses d’organiser des événements suivant le modèle de Fès. De nombreuses villes prolongent l’expérience de Fès : Dijon (France), Gérone (Espagne), Lisbonne (Portugal), Florence (Italie) et Perpignan (France). Le rayonnement international de l’événement atteindra son point culminant en 2004. En effet, sous le thème de “The Spirit of Fès“, l’agence artistique américaine “Colombia Artists Management“programme une tournée d’artistes, ayant participé au Festival de Fès, dans 20 villes des Etats-Unis. C’est dire que la flamme de Fès se transporte très loin, sans menacer de s’éteindre. Mohammed Kabbaj, président du Festival de Fès des Musiques sacrées du Monde, donne toutefois une autre lecture de l’intitulé de la dixième édition du festival. “Cette lumière représente les esprits qui ont marqué l’humanité du point de vue des traditions religieuses. Elle se réfère aussi à un phénomène physique – le seul en vérité qui permet aux scientifiques de remonter à l’origine de la création. C’est grâce aux traces de lumière que l’on arrive à apprendre le peu de choses que l’on sait sur le Big Bang et d’autres phénomènes trés anciens. Ces traces de lumière sont par conséquent notre conscience à nous“. Mohammed Kabbaj ajoute que de nombreuses personnes à l’étranger s’étonnent qu’une manifestation culturelle de cette importance soit organisée au Maroc. Leur étonnement a particulièrement trait au peu de moyens dont dispose le pays. À cet égard, le président du Festival de Fès précise que le budget global de la manifestation s’élève à 10 millions de DH, répartis en 7,5 MDH de dépenses directes et 2,5 MDH d’aides en nature. En ce qui concerne les artistes réinvités à la manifestation, les voix féminines se taillent la part du lion. Soeur Marie Keyrouz, Miriam Makeba, Monserrat Figueras, Aïcha Rédouane, Françoise Atlan et Sapho seront au rendez-vous. Youssou N’Dour, Sabah Fakhri et Tallis Schollar sont également très attendus. Une grande nouveauté marquera l’anniversaire : Moha-med Rouicha interprétera des chants sacrés du Moyen-Atlas. Au reste, cette édition ne faillira pas à sa tradition de rencontres et débats entre penseurs et intellectuels. Le festival est en passe de créer un forum culturel à Fès. Un peu le pendant du modèle de Davos en économie et Porto Alegre pour le social. Les débats de l’année dernière ont fait l’objet d’un ouvrage paru en 2003 chez Albin Michel : “Donner une âme à la mondialisation“. Des intervenants de qualité seront à nouveau présents dans l’édition de 2004. Parmi les invités aux colloques : Laure Adler (France), André Azoulay (Maroc), Leïla Chahid (Palestine), Jean Daniel (France), Thierry de Montbrial (France), Dominique de Villepin (France), Yungchen Lhamo (Tibet), Katherine Marshall (USA) et Ahmed Taoufiq (Maroc). Ils sont capables de donner plus d’éclat à ce magnifique phare de la culture et des arts qui gagne chaque année en hauteur et en prestige.

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